Le Journal de Montréal | Cédric Bélanger | 23 juin 2025
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Danick Trottier, musicologue et professeur au Département de musique est cité dans cet article.
La présence de Beau Dommage au sommet de notre palmarès des plus grands groupes québécois de tous les temps, devant Les Cowboys Fringants et Harmonium, n’a pas étonné des spécialistes de la musique d’ici appelés à commenter le top 25 que Le Journal a publié dans le Cahier Weekend, samedi. «C’est tellement un groupe rassembleur», soutient l’ancienne animatrice de Musique Plus, Geneviève Borne.
«Beau Dommage le mérite. Ils ont mis de l’essence dans l’idée de l’indépendance du Québec», renchérit un autre ex de la chaîne, Mike Gauthier, qui parle d’un podium qui s’est joué «au photo-finish» tellement Les Cowboys Fringants et Harmonium auraient aussi pu obtenir la première place.
Professeur de musicologie à l’UQAM, Danick Trottier estime qu’avec Les Colocs en 4e position, Le Journal a identifié le bon carré d’as.
«Si j’avais eu à réaliser le même exercice, je serais probablement arrivé au même top 4», dit M. Trottier.
Selon Mike Gauthier, avec le temps, l’ordre pourrait changer. «Dans dix ans, on pourrait avoir Les Cowboys Fringants, suivis des Colocs et des Trois Accords», prédit-il.
Des groupes qui parlent de nous
Nos experts ont salué la présence dans le classement de groupes qui ont pu sombrer dans l’oubli au fil des ans, comme la formation jazz UZEB, qui se retrouve au 23e rang. «Des virtuoses. Des géants. Point final», tranche Geneviève Borne.
Danick Trottier remarque pour sa part avec plaisir la présence de La Bottine Souriante, en 15e place, un groupe qui n’est pas reconnu à sa juste valeur. «Les gens seraient surpris de constater le nombre de chansons de ce groupe qu’ils connaissent pour les avoir fredonnées dans le temps des Fêtes.»
Avec les Noir Silence, Vilain Pingouin, La Chicane, Mes Aïeux et quelques autres, ce palmarès fait écho à une réalité, soulève Mike Gauthier. «Beaucoup de groupes ont connu du succès en racontant le quotidien des Québécois.»
Le succès de formations qui ont choisi l’anglais comme langue de travail a aussi été célébré, notamment Arcade Fire et Simple Plan. Geneviève Borne a noté l’inclusion de Men Without Hats. «Le succès de Safety Dance a été grandiose et la chanson est un classique sur les pistes de danse à travers le monde», signale-t-elle avec justesse.
Les grands oubliés
Évidemment, on ne réalise pas un tel classement sans qu’il y ait de grands oubliés.
Tout en concédant qu’il n’y a pas «d’omissions majeures», Mike Gauthier estime qu’Okoumé aurait pu y être. À tout le moins, deux de ses membres, les frères Éloi et Jonathan Painchaud, sont dans la liste via leur appartenance à Salebarbes, une formation qui grimpera sûrement de quelques échelons quand on refera l'exercice.
De son côté, Danick Trottier croit que Groovy Aardvark, Muzion et Avec pas d’casque présentaient tous de bons arguments pour se tailler une place dans le palmarès. «Leur musique est tellement bien faite», s’enflamme le musicologue à propos d’Avec pas d’casque.
Enfin, Geneviève Borne a livré un vibrant plaidoyer envers Zébulon. «Leurs concerts étaient hyper divertissants, surtout lorsque les gars interprétaient de façon théâtrale la chanson Marie-Louise.»
Mike Gauthier PHOTO D'ARCHIVES MARCEL TREMBLAY/AGENCE QMI







