Auteur : Girard, Chloé

Un livre de Danick Trottier finaliste au Prix OPUS !

Le livre de Danick Trottier, musicologue et professeur au Département de musique : Musiques classiques au XXIe siècle. Le parti de la nouveauté et de la différence, paru aux Éditions Universitaires de Dijon, en 2023 fait partie des finalistes à la 29e édition du Gala Prix OPUS dans la catégorie Écrit de l’année - Livre de l’année.

Résumé:

Qu'entend-on par musique classique au XXIe siècle? On assite à un renouvellement du répertoire que ce livre s'attache à décrire en s'arrêtant à des musiciennes, musiciens de la scène internationale comme Yannick Nézet-Séguin, Barbara Hannigan et David Greilsammer. C'est dans ce contexte que le musicologue Danick Trottier propose une réflexion sur l'évolution et les valeurs qui marquent les musiques classiques pensées de façon plurielle, donc à travers leur diversité et leur ouverture aux autres musiques.

Un premier album de Noël pour Rita Tabbakh

L'album de Noël 𝙉𝙤𝙩𝙧𝙚 𝙥𝙡𝙪𝙨 𝙗𝙚𝙡𝙡𝙚 𝙩𝙧𝙖𝙙𝙞𝙩𝙞𝙤𝙣 est en vedette dans l'émission Salut Bonjour de TVA, épisode du 13 novembre 2025 (passage à 7h25). Rita Tabbakh est chargée de cours en chant pop au Département de musique.

Découvrir l’émission : https://www.tvaplus.ca/tva/salut-bonjour/saison-38/salut-bonjour-episode-du-13-novembre-2025-1632662616

Découvrir Rita Tabbakh : https://ritatabbakh.com/

Découvrir l’album : https://ritatabbakh.com/albums/

Métiers de la musique : comment se professionnaliser quand on est immigrant ?

Article publié le 10 octobre 2025 sur ImmigrantQuébec.com | par Marie Pâris

Lire l’article sur le site ImmigrantQuébec.com

« Le fait de chercher à m’installer et à gagner ma vie peu importe le travail m’a éloigné des bonnes voies de recherche dans mon vrai domaine. » 

Cette phrase, c’est l’une des réponses d’un musicien immigrant à un questionnaire proposé par deux chercheuses, Caroline Marcoux-Gendron, directrice du projet de recherche et professeure associée du département de musique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), et Marie-Jeanne Blain, professeure associée à l’Université Concordia et à l’Université de Montréal, et chercheuse senior à l’Institut de recherche sur les migrations et la société (IRMS). Le résultat de leur travail (ce questionnaire-enquête, des consultations et une recension en ligne), mené auprès de musiciens immigrés ainsi que de professionnels de l’emploi au Québec, a donné lieu à un rapport de recherche publié ce mois-ci, Les voies de professionnalisation pour les musicien·nes immigrant·es au Québec.

Aujourd’hui, 15 % des artistes de la province sont des immigrants. À Montréal, cette proportion s’élève à 20 %. 

Le premier constat des chercheuses, c’est que cette population de musiciens immigrants est très diversifiée. « Il y a une vraie pluralité dans les profils sociodémographiques, note Caroline Marcoux-Gendron. Les disparités se voient aussi bien au niveau du genre que du lieu de résidence, des langues maîtrisées, du statut d’immigration ou encore du nombre d’années passées au Québec. C’est loin d’être une masse homogène. » 

Difficile donc d’établir un profil type de cette catégorie professionnelle d’immigrés, ou encore d’apporter une réponse unique à ses défis.

Les trajectoires professionnelles des musiciens immigrants sont souvent longues et mouvantes. Ainsi, beaucoup d’entre eux ont recours à différentes stratégies pendant leur parcours, notamment la polyactivité (une combinaison d’emplois liés et non liés à la pratique artistique, comme une personne qui a différents engagements musicaux, mais a besoin d’avoir à côté un emploi dans un café trois jours par semaine) ou la pluriactivité (lorsqu’une personne combine plusieurs emplois différents liés à sa pratique artistique, comme un musicien qui enseigne la musique, joue dans un ensemble et compose, par exemple).

De nombreux obstacles

Les défis posés à ces musiciens immigrants sont nombreux, comme les chercheuses le relèvent dans leur rapport : enjeux de reconnaissance, effritement des réseaux de contacts, difficultés à comprendre les codes locaux et le langage technocratique, différences entre les logiques de fonctionnement des milieux artistiques, discriminations de diverses natures, etc. 

Des ressources existent déjà pour répondre aux besoins des musiciens au Québec, mais elles sont peu accessibles. Les personnes immigrantes dénoncent un fonctionnement en silos de l’écosystème, où le secteur de l’immigration et d’aide à l’emploi connaît peu les réalités du secteur artistique, et inversement. Il est donc difficile pour ces personnes non seulement d’avoir accès à l’information, mais aussi de la comprendre et de mobiliser les outils existants pour pouvoir cheminer efficacement.

Les plus grands défis identifiés par les répondants au questionnaire pour intégrer le milieu de la musique au Québec ? « Avoir les bons réseaux pour être au courant des opportunités musicales » et « connaître les programmes qui peuvent financer [les] projets musicaux », qui sont dans les réponses les plus souvent données (respectivement 70 % et 71 % de taux de réponse).

D’autant que le milieu professionnel de la musique, contrairement à d’autres catégories d’emploi, répond à des logiques bien différentes. « La reconnaissance d’un statut professionnel s’acquiert au fil d’expériences et d’apprentissages formels, mais surtout informels et l’opinion d’un réseau de pairs est importante. Pour une personne musicienne et immigrante, il est de plus impossible de dissocier les trajectoires propres à la musique et à la migration : les défis de l’une influencent, voire exacerbent l’autre, et inversement », peut-on lire dans le rapport.

Passer à l’action

Face à ces différents constats, les chercheuses proposent des mesures concrètes pour le milieu. La publication du rapport s’accompagne ainsi du lancement de Musique Immigration, une nouvelle plateforme numérique, qui comprend un répertoire de 160 ressources à la professionnalisation pour les musiciens immigrants au Québec. L’objectif : rendre l’information plus accessible tant pour les musiciens que pour les professionnels et organisations qui desservent cette population.

Ces ressources proposent des occasions de réseautage pour consolider son tissu professionnel, de la formation continue pour aligner ses connaissances avec le contexte québécois, des bourses, subventions et autres ressources financières pour soutenir son travail artistique, une section de resources existantes permettant de mieux connaître ses droitscomme artiste et/ou immigrant.e, ou encore des offres en soutien psychosocial pour traverser des difficultés entravant la création.

On y trouve aussi différentes astuces, ainsi qu’un dictionnaire du métier de musicien. « On y retrouve des mots très techniques qui peuvent revenir souvent quand on consulte de la documentation professionnelle — et qui peuvent vite étourdir quand ce ne sont pas des termes qu’on a l’habitude de côtoyer », explique Caroline Marcoux-Gendron. 

Des activités de rayonnement et de mobilisation de connaissances sont aussi prévues dans la prochaine année, pour les chercheurs, les musiciens et les professionnels d’aide à l’emploi. « On veut inviter ces gens à mobiliser la plateforme et à engager un dialogue », conclut Marie-Jeanne Blais. Cet outil va donc aussi être un bon prétexte à créer davantage de maillage humain.

« Au-delà de tous les outils numériques qu’on pourrait créer, aussi fantastiques soient-ils, rien ne remplacera jamais le contact humain et le besoin de rencontrer des personnes qui pourront nous donner des conseils et nous accompagner dans ce cheminement long et complexe. » Marie-Jeanne Blais

Le projet de recherche a été mené auprès des musiciens immigrés ainsi que de professionnels de la culture, de l’immigration et de l’emploi au Québec, en partenariat avec le Conseil québécois de la musique (CQM) et un comité consultatif intersectoriel de 12 personnes, financé par le CRSH+, avec une équipe comprenant une autre professeure et quatre étudiantes.

Photo : Daniel Wirtz

Autorisation de prise de photos et vidéos Département de musique de l'UQAM

Dans le cadre de ses activités pédagogiques et artistiques, le Département de musique de l’UQAM est amené à prendre des photos, vidéos ou enregistrements des personnes étudiantes. Ces images ou enregistrements sont utilisés à des fins pédagogiques, de diffusion ou de promotion des activités du Département.

Objet du consentement

En donnant votre consentement, vous autorisez le Département de musique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) à vous filmer, vous photographier et/ou vous enregistrer et vous lui accordez le droit d’utiliser, de reproduire, de distribuer et de diffuser votre image, votre voix ou toute production artistique (exécution, performance, composition, œuvre originale, etc.) captée dans ces photos ou enregistrements, sans restriction.

Utilisation et droits

Par ce consentement : 

  • Vous acceptez que le Département de musique de l’UQAM puisse éditer, modifier ou adapter ces photos et enregistrements, dans la mesure où ceux-ci vous présentent de manière avantageuse (exemple : https://www.instagram.com/musique.uqam/). 
  • Vous comprenez que vous n’aurez aucun droit de regard ou d’approbation sur les photos et enregistrements avant leur utilisation.
  • Vous renoncez, de manière irrévocable et sans réserve, à exercer contre l’UQAM, tout recours, tout droit et toute réclamation de quelque nature que ce soit pouvant découler de l’exercice de la présente autorisation. 

Sachez que :

  • Votre décision d’autoriser ou non la captation n’a aucune incidence sur vos cours ni sur votre cheminement universitaire. 
  • Ce consentement est valide pour la session en cours seulement et est à renouveler à chaque session.
  • En tout temps, vous avez le droit de contacter le Département de musique (dept.musique@uqam.ca) pour discuter de la diffusion de vos enregistrements ou photos, ou encore pour avoir accès au matériel vous représentant. 

Regards croisés sur la chanson francophone de l’ADISQ : La chanson francophone en tant que vecteur d’une identité et d’une langue

Article de Louis Philippe Labrèche paru dans le Canal Auditif le 14 octobre 2025

Lire l’article sur le site du Canal Auditif

Le 26 septembre dernier, des membres de l’industrie musicale étaient conviés à l’UQAM pour une journée entière de réflexion philosophique sur l’état de la chanson au Québec et au Canada. Loin des préoccupations financières, la journée était là pour poser des questions profondes sur l’état des choses actuellement au Canada. Dans ce premier texte, on aborde la chanson francophone en tant que vecteur d’une identité et d’une langue. 

Au cours de dernières années, la question de la chanson francophone et son rayonnement a été discutée abondamment. En consultant les chiffres d’écoute en ligne, qui se passe principalement sur des plateformes étrangères, on se rend compte que nos artistes sont noyés dans une offre importante. En 2024, selon l’Institut de la statistique du Québec, les écoutes d’artistes québécois sur les plateformes en ligne étaient de 7%, toutes langues confondues. Quand on se penche sur les enregistrements en français, on tombe à 4,6%. À une ère où les radios commerciales demandent de réduire leurs quotas de musique francophone, l’importance de celle-ci dans l’identité devient une question primordiale.

L’identité ou les identités?

Danick Trottier, musicologue à l’Université du Québec à Montréal et spécialiste de la musique québécoise, met en garde contre la tentation de simplifier la conception contemporaine de l’identité. « Parler d’identité en musique, c’est inévitablement mettre le pied dans un engrenage aux multiples ramifications qui vont de la culture au symbolique en passant par les représentations, l’appartenance et j’en passe. On peut se servir de plusieurs images pour représenter cet état de fait, mais celle du kaléidoscope me semble être assez juste. La notion d’identité se reflète de façon multiple, mais surtout très variable selon l’angle choisi, tout autant que les faits retenus. » Autrement dit, lorsqu’on entre dans la notion d’identité, on entre en terrain où les biais qui sont collés à la démarche influencent les conclusions que nous allons en tirer. De plus, l’identité, c’est ce qui relie l’individu à son environnement social. C’est à la fois une notion collective et très individuelle. Ce qui rend toute réflexion sur la chanson d’autant plus compliquée. 

De plus, l’identité, même si elle est propre à l’individu, peut parfois être apposée par la société. À ce titre, Yao, auteur-compositeur-interprète, en avait long à dire. Étant installé en Ontario francophone depuis 26 ans, il ressent toujours les frictions de la reconnaissance de son identité à part entière : « Cette fragmentation est importante parce que l’identité francophone même est à questionner. Qu’est-ce qu’une identité francophone? On l’a mentionné avec les différentes identités canadiennes. L’Ontario, par exemple, se revendique de cette chanson francophone, mais il y a encore des dilemmes à évaluer dans la francophonie ontarienne. Il y a quelques années, Radio-Canada avait fait un sondage à savoir c’est quoi la musique francophone en Ontario? Et pour beaucoup de gens, c’était Stef Paquette avec sa guitare dans le nord. Ça fait 26 ans que je suis là. Et il y a cette conversation-là justement de se demander : mais est-ce que, nous aussi on peut se revendiquer comme artiste franco-ontarien? C’est quoi l’identité francophone en Ontario quand, au final, le recensement de 2021 te dit que les 7 principaux pays d’immigration francophone en Ontario sont en Afrique ? »

L’effritement ou la ferveur de l’identité?

S’il y a peut-être des questions sur la fragmentation de l’identité proprement dite, il y a aussi un vent de ferveur qui souffle sur la jeunesse. On peut prendre l’exemple de Lou-Adriane Cassidy sur la scène principale des Francos de Montréal, où les drapeaux fleur de lys flottaient allègrement, comme le rapporte Dominic Tardif dans La Presse. On peut aussi parler du phénomène Kinji00 qui enflamme les réseaux sociaux depuis un an et demi et qui est en train de percer dans la sphère grand public. Cet été au FME, il faisait notamment une apparition sur scène pendant un concert de Mike Shabb, un artiste québécois anglophone, qui a lui a fait de la place pour chanter sa pièce Fleur de lys, drapeaux à l’appui. 

Krista Simoneau, directrice de Les Yeux Boussoles, le voit à travers ses propres enfants : «Mais voilà, je trouve qu’elle évolue très bien depuis les dix ou neuf dernières années, mais depuis toujours. Mais moi, des fois, je pense que je suis très optimiste, et j’aime beaucoup la chanson francophone. Elle est extrêmement présente, même chez les jeunes aujourd’hui. Je le constate, je le ressens. Je sais qu’elle est noyée à travers l’anglophone. On a besoin de plus de découvrabilité, mais j’ose croire qu’elle est importante ici. »

L’importance qu’elle soit présente dans la sphère publique

S’il y a des enjeux autour de la découvrabilité et des quotas de radios, c’est que pour la survie et surtout pour l’amélioration de l’industrie musicale dans son ensemble, il faut que la musique québécoise et francophone soit présente partout. Krista Simoneau le dit bien : « Il y a tellement de la bonne musique, il y en a tellement de la colorée. […] Ça passe par la découvrabilité et je pense que c’est important de le garder ces quotas là au niveau de la diffusion des radios. Je réfléchissais hier à ça et je me disais comment on l’amène dans l’espace public encore plus loin : dans les épiceries, dans les ascenseurs, quand t’attends en ligne à la SAAQ. Il faut que ça soit naturel et on entendait le gouvernement en ouverture, qui disait qu’il va s’y mettre sur la découvrabilité. J’espère que ce mouvement-là va continuer. »

Nicolas Ouellet, animateur à ICI Musique, qui animait le panel a aussi renchéri : « Si je peux me permettre une réflexion aussi, il y a cette idée de ne pas mettre la chanson francophone comme un monolithe et le reste de la musique comme un autre monolithe, mais d’intercaler les musiques et de réussir à faire qu’une chanson de Lou-Adriane (Cassidy, NDLR) va être écoutée au même point qu’une chanson de Tate McRae. »

Il a aussi ajouté sur la stratégie qui est mise en place pour inciter les Québécois à s’intéresser à leur culture : « C’est-à-dire que c’est normal, on va sonner la sonnette d’alarme, on parle de cette statistique de 5% des écoutes globales au Québec qui vont à la musique francophone, ce qui est très très peu. Mais je me disais, est-ce que c’est en culpabilisant, en quelque sorte, les gens de ne pas écouter de la musique francophone qu’on va les inciter à écouter de la musique francophone? » Simoneau a rappelé que c’est plutôt de mettre des artistes de l’avant à heure de grande écoute qui risque de donner des résultats. Elle propose en exemple Véronique Cloutier, qui à son émission Vero et les fantastiques qui ne fait que jouer des pièces francophones, même si une bonne partie des œuvres qui sont joués sont dans la catégorie nostalgique plutôt que dans la musique contemporaine. 

Krista Simoneau explique aussi que les directeurs musicaux dans les radios commerciales ont une tendance à demander aux artistes de modifier les chansons parce qu’ils croient que les auditeurs ne seront pas capables de suivre la version originale de la chanson.

Tendre la main à la jeunesse

Anne Robineau, qui est directrice adjointe à l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, explique qu’un groupe de jeunes caméroniens qui était en train d’apprendre le français voulait écouter des chansons dans la langue de Molière. Par contre, ce qu’on leur proposait était des pièces vieillottes, plutôt que des artistes actuels. 

Yao explique aussi : « J’étais dans un événement de rencontre des nouveaux professeurs et 66% des nouveaux professeurs francophones en Ontario venaient du Québec et faisaient écouter de la musique québécoise aux jeunes francophones en Ontario. » Alors que c’est dès le jeune âge qu’on peut inscrire l’importance d’une culture dans une personne. 

Des solutions?

Si les intervenants ne pouvaient pas se proclamer comme porteur de la réponse universelle à la difficile question de la présence de la chanson francophone dans l’espace public, deux solutions ont été mises de l’avant. D’abord, la mixité entre francophones du Québec et ceux hors Québec, à la fois pour se rencontrer et pour aider les publics à se mélanger. De plus, Krista Simoneau rappelle qu’il faut respecter la beauté de notre chanson d’ici. 

Et pour y arriver, une chose est sûre, c’est à la collectivité de prendre en main sa culture pour que ça fonctionne. Il y a les gouvernements, les artistes eux-mêmes, l’industrie et le public qui doit mettre la main à la pâte. 

Autres textes du dossier

*Cet article a été rédigé en collaboration avec l’ADISQ

Crédit photo: ADISQ

Une première Journée d’étude sur la chanson francophone réussie

Philippe Renaud pour Le Devoir - Article paru le 29 septembre 2025

Lire l’article sur le Site du Devoir

En novembre 2024, l’ADISQ et l’Université du Québec à Montréal (UQAM) signaient un protocole de collaboration visant, entre autres, le développement commun « de nouvelles formations et de groupes de travail à l’UQAM liés à l’industrie musicale » et la mobilisation « des savoirs, de diffusion, de médiation, de rayonnement ou de réseautage entre les deux institutions ». La collaboration a débouché vendredi dernier sur la première Journée d’étude de l’ADISQ au département de musique de l’UQAM, durant laquelle une centaine de participants ont réfléchi à la chanson comme vecteur identitaire. Survol des passionnants échanges.

L’identité est matière à débat dans la sphère sociopolitique par les temps qui courent. Ainsi fut-il rafraîchissant d’entendre les conférenciers et les panélistes invités à débattre des multiples identités qui transpirent de la chanson faite par les Premières Nations ou par des rappeurs et rappeuses aux racines créoles et nord-africaines, tous invités à intervenir dans deux fertiles débats tenus durant l’après-midi.

Heureuse coïncidence, alors que la communauté franco-ontarienne célébrait quelques jours plus tôt le 50e anniversaire de son drapeau, la chanson de ce coin de pays fut racontée par Johanne Melançon, professeure émérite de l’Université Laurentienne.

La dernière conférence de la journée, intitulée La chanson francophone, un atout pour le territoire, mettait aussi en valeur la scène franco-ontarienne, représentée par José Bertrand, directeur général du Festival franco-ontarien et de la Franco-Fête de Toronto, qui partageait le micro avec le musicien fransaskois Étienne Fletcher, la directrice générale du Festival international de la chanson de Granby, Josée Mailhot, et le directeur et cofondateur du Coup de cœur francophone, Alain Chartrand.

Sur le thème de La chanson francophone en tant que vecteur d’une identité et d’une langue, l’auteur-compositeur-interprète et entrepreneur franco-ontarien d’origine togolaise Yao a présenté sa vision sans frontières de la musique canadienne d’expression francophone ; cette conversation, à laquelle prenaient part la manager et productrice de spectacles Krista Simoneau (Les Yeux Boussoles) et Anne Robineau, directrice adjointe de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, a cependant dévié sur les considérations plus industrielles de diffusion radiophonique, de tournée et de découvrabilité sur le Web — le genre de sujet abordé dans les conférences des traditionnelles journées Rencontres de l’ADISQ, et desquelles, par le niveau de réflexion, se démarquait avantageusement cette Journée d’étude à l’UQAM.

En début d’après-midi, l’ADISQ avait réuni les rappeuses Sensei H et J.Kyll (Muzion) et le MC Raccoon pour une conversation portant le titre La chanson francophone en tant que lieu d’hybridité, animée par l’historien et rappeur Webster, qui débordait volontiers de son rôle d’animateur pour donner son propre éclairage à propos de la langue, ou des langues, dans lesquelles s’expriment les artistes de rap. Saisissante prise de position de Sensei H, qui expliquait rapper dans la seule langue qu’elle maîtrise, le français, à défaut de celle de ses grands-parents, le kabyle. Un français en quelque sorte imposé — celui du « colon », soulignait l’historien, qui a interrogé ses collègues sur l’usage du créole haïtien et de l’anglais dans leur musique, autant de marqueurs identitaires.

L’idée à l’origine de cette journée d’étude est celle de Simon Claus, directeur des affaires publiques et de la recherche à l’ADISQ, et de sa collègue Dominique McGregor, coordonnatrice de recherche, affaires publiques et recherche.

Une de ses tâches, expliquait-elle au Devoir, consiste à mesurer, selon les paramètres de classification du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, la proportion de paroles prononcée en français dans une chanson multilingue. Parfois, la chanson est à 51 % en français, donc comptabilisée comme une chanson francophone pour le calcul des quotas ; parfois, la chanson comporte trop de mots en anglais pour être considérée comme telle. L’exercice a suscité chez Simon Claus et elle des débats sur l’identité en lien avec la langue qui ont inspiré le programme de cette Journée d’étude, qu’on souhaite voir se répéter annuellement.

Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir

Découvrez la plateforme musique-immigration.ca

Le 6 octobre dernier au Conseil des arts de Montréal avait lieu le lancement de la plateforme Musique Immigration, fruit d’une recherche-action partenariale dirigée par la professeure associée Caroline Marcoux-Gendron au sujet des voies de professionnalisation pour les musicien·nes immigrant·es au Québec, en collaboration avec le Conseil québécois de la musique. Plus de 70 personnes musiciennes, chercheuses, professionnelles des secteurs de la culture et de l'immigration sont venues célébrer l’aboutissement de ce projet avec l'équipe de recherche qui implique aussi les étudiantes UQAM Mônica Freire, Raphaëlle Gaudet et Chaima Gaddour, ainsi que la professeure Vanessa Blais-Tremblay qui a contribué au démarrage de la recherche.

Découvrez dès à présent la plateforme musique-immigration.ca. Le rapport de cette recherche est disponible dans sa section Documentation. Ce lancement a été rendu possible grâce au soutien du Département de musique - UQAM, du Conseil québécois de la musique, du Conseil des arts de Montréal, de la SPACQ-AE, du CRSH et de l’OICRM.

***

Le lancement marquait également le début d’une année d’activités publiques au sujet de la professionnalisation des musicien·nes immigrant·es. Dès cet automne, participez au cycle international de conférences et d’activités artistiques Musiciennes en migration, co-organisé par Caroline Marcoux-Gendron, Kayvan Jafarinejad (EHESS/CRAL, Paris) et Hélène Sechehaye (Université libre de Bruxelles - LaM).

Prochain rendez-vous le mercredi 22 octobre (11h-13h au Québec / 17h-19h en Europe) pour une séance en ligne et en anglais intitulée « Migration, Legitimization, and Sense of Belonging ».

Avec la participation de : 

  • Anna Rezaei (University of Music and Performing Arts Graz), “Iranian Migrant Female Musicians and the Politics of Emotion : Negotiating Identity, Expression, and Belonging”
  • Thea Tiramani (University of Pavia), “'I Want to Be Considered a Musician'. The Role of Women in the Sikh Music Scene in Italy”

Aucune inscription requise, rendez-vous sur la plateforme musique-immigration.ca où vous trouverez le lien de connexion à l’heure de la séance.

Vous pouvez consulter le programme complet de ce cycle dans la section Documentation de la plateforme pour tous les détails des activités prévues au Québec au début novembre. Certaines activités auront lieu au Département, nous vous en tiendrons informé·es !

Manuel Marie Lauréat aux Prix Gémeaux

Un grand bravo à Manuel Marie, animateur (studio d'enregistrement) au Département de musique, qui est finaliste des 40e prix Gémeaux dans la catégorie "Meilleur son : toutes catégories hors fiction"  pour l'émission - EN DIRECT DE L'UNIVERS - SPÉCIALE JOUR DE L'AN « Épisode 392- spécial jour de l'an ».

Découvrez la liste des finalistes 2025 : https://academie.ca/prixgemeaux/857/finalistes

Lancement du EP Altitude de Luc Catellier

Un grand bravo à Luc Catellier, chargé de cours en batterie, qui vient de lancer son EP instrumental intitulé Altitude!

"Ce mix de bidouillage d’échantillons électro-pop combinés à un enrobage organique se veut une ode au voyage. Un compagnon dans les oreilles pour un vol en avion, un aller-retour sur la 20 ou encore une petite marche en forêt à l’aube" écrit-il.  

Bonne écoute : https://luccatellier.hearnow.com

Et découvrez une vidéo portrait de Luc Catellier :

Janis Joplin, la grande voix du rock

Janis Joplin avait une voix unique qu’elle mettait au service d’un rock et d’un blues intenses. Le musicologue et professeur au Département de musique Danick Trottier raconte comment la chanteuse américaine a vécu à plein régime avant de s’éteindre, à 27 ans dans cette épisode du 2 octobre 2025 de l'émission Aujourd’hui l’histoire avec Maxime Coutié - à écouter sur Ohdio RADIO-CANADA.

Bonne écoute : https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/aujourd-hui-l-histoire/episodes/1084547/janis-joplin-la-grande-voix-du-rock

Au Département de musique de l’UQAM, près de 300 étudiantes et étudiants aux 3 cycles orchestrent leur avenir par l’acquisition des meilleures notions qui soient, prodiguées avec grande expertise par un corps professoral dévoué et connecté au milieu. Au programme : musique populaire et classique, enseignement, études et pratiques des arts, musique de film.

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