Auteur : Girard, Chloé

Faire simple… et beau

LA PRESSE | MUSIQUE

Billet de Catherine Perrin | Collaboration spéciale

Lire l'article en ligne : https://www.lapresse.ca/arts/musique/2022-10-15/billet/faire-simple-et-beau.php

Avec la participation de Danick Trottier, musicologue, professeur et directeur du Département de musique.

Une longue note tenue, très douce, un son de cordes volontairement un peu blanc. Puis, le violon solo d’Angèle Dubeau : un son chaleureux, maîtrisé, émouvant, sans émotion surfaite.

C’est Wiosna, la pièce qui ouvre le nouveau disque de La Pietà, un portrait du compositeur britannique Alex Baranowski, dont le travail au cinéma et à la télé a fait une vedette de cette musique qu’on appelle souvent « classique moderne » en anglais (modern classical music).

Un travail sur le timbre très soigné, des moments qui rappellent les compositeurs anglais du début du XXe siècle, mais aussi Arvo Pärt, Philip Glass, Ludovico Einaudi (tous déjà enregistrés par La Pietà). Des ambiances planantes créées par les cordes, auxquelles un piano délicat ajoute de légères touches plus détachées.

Ce style musical est comme un beau décor : on s’y sent bien, à la fois sensible et en sécurité. Je le reconnais et m’y abandonne volontiers.

Mais après quelques pièces, une partie de moi demeure insatisfaite : cette musique a ses limites, choisies. Elle ne se permet presque pas de développement, d’arc dramatique. Vous voulez une analogie littéraire ? « Une femme s’assoit à l’orée d’un parc, elle admire le paysage, sort un livre et se met à lire. » Fin de l’histoire. 

Au mieux, on ajoutera que la femme « pense à son grand-père malade » en guise de moment dramatique. Ma mauvaise foi est phosphorescente, mais je l’assume. 

La parution du disque Baranowski de La Pietà m’a donné envie de passer un coup de fil au musicologue Danick Trottier, pour mieux comprendre le phénomène. Il est l’auteur de l’essai Le classique fait pop !, paru en 2021. 

Danick mène un projet de recherche sur tout ce qu’on appelle le « cross over » en musique, avec la pianiste et auxiliaire de recherche Béatrice Beaudin-Caillé : « On a refait l’historique de la montée en force des dernières années. Depuis 2010, la musique s’est décomplexifiée, et le phénomène s’est décomplexé, autant dans la production que dans la réception. »

Le résultat : une progression exponentielle de cette scène qui rassemble les incontournables pianistes Chilly Gonzales, Alexandra Stréliski (qui a souligné sur Facebook ses 300 millions d’écoutes en ligne au début du mois), Jean-Michel Blais, mais aussi les Simon Leoza, Ghostly Kisses et bien d’autres. Des musiques qui fascinent le musicologue, autant par leur raffinement que par leur succès.

On cherche encore comment bien nommer ce courant musical. Dans son essai, Danick Trottier a adopté l’appellation « classique moderne ». Il m’a entendue, à la radio, émettre des réserves sur le label : « Tu n’es pas la seule, dit-il sans rancune, je suis conscient que l’étiquette ne fait pas l’unanimité. Je ne sais pas vers quoi on va aller : ce sera peut-être aux musiciens de décider ! »

De façon un peu provocante, dans la même chronique j’avais proposé Classique Digest, parce que la manière dont cette musique récupère les codes de la musique classique tout en les simplifiant me fait penser aux versions réduites de romans connus, vendus sous la célèbre bannière Reader’s Digest

En échangeant avec Danick Trottier, on se prend de nouveau au jeu, cherchant un meilleur nom pour ce courant musical de plus en plus important. On s’entend (provisoirement !) sur le mot « immersion », qui est d’ailleurs le titre d’un disque récent de La Pietà. L’expérience immersive que procure cette musique a en effet peut-être plus d’importance que la somme des notes sur la partition.

Je demande à Danick si on peut présenter cette expérience musicale, souvent calme et dépouillée, comme un refuge pour aider une société anxieuse. « Je veux bien l’admettre, elle est apaisante, elle procure un plaisir accessible, elle crée un cocon, une intimité, mais la question des émotions est complexe et nécessite des études expérimentales en situation donnée, ce que certains chercheurs font. Pour moi, ce n’est pas la donne majeure. La clé de son succès, c’est surtout l’importance du lien musique-image, à notre époque. On consomme en continu de la vidéo, de la publicité, de la fiction, baignées dans cette musique atmosphérique. L’accumulation lui a donné une vie autonome. Elle est chargée par les images qu’on a vues : le ressenti est là, elle devient la trame sonore de nos vies. La musique étant polysémique par essence, chacun et chacune est libre de l’accoler à ses expériences de vie : en musique de fond à la maison, en déplacement, pour accompagner le sport, ou en écoute plus attentive. » 

Va-t-elle créer un nivellement de l’écoute, en musique classique ? Aurons-nous de la difficulté à retourner vers des musiques plus exigeantes ? Danick Trottier reste prudent : « On sait qu’elle a un immense succès en diffusion en continu, mais c’est impossible de déterminer si les gens s’y limitent. On n’a pas les profils d’écoute par auditeur. Cependant, en lisant les commentaires sur les plateformes, je remarque que plusieurs font des liens avec d’autres musiques, soulignent les influences qu’ils repèrent. On est dans une époque d’éclectisme : beaucoup de gens sont “omnivores” en musique. » 

Ce qui est indéniable, c’est le potentiel commercial de cette musique classique immersive. Danick Trottier attribue ce succès à la façon dont elle est composée. 

« Le travail mélodique, la répétition, le souffle des lignes, la durée des pièces — près de la chanson —, tout tend à en faire une musique facilement modulable à l’environnement. » De là a émergé une certaine vedettarisation, et la demande de concerts a suivi, bien entendu. Je fais remarquer à Danick que la transposition en salle d’une musique qui se veut d’abord intimiste et apaisante peut sembler un paradoxe : « C’est plus compatible qu’on le pense : on intègre du visuel, un peu de support électronique, on ajoute du coffre en orchestrant. »

L’écoute de ces musiques immersives se chiffre en millions, elles nous font du bien : tout laisse croire qu’elles sont là pour de bon. 

« La femme, assise sur son banc, reste songeuse, mais elle s’abandonne au décor avec plaisir. » Fin de l’histoire.

PHOTO GETTY IMAGES

Parution du 26e volume du journal Women and Music : a Journal of Gender and Culture

Vanessa Blais-Tremblay, professeur de musicologie au Département de musique, Directrice scientifique | DIG! Différences et inégalités de genre dans la musique au Québec est également Co-rédactrice-en-chef de ce journal.

Les articles de ce numéro abordent les thèmes de la racialisation, de la sexualité et de la maternité dans la musique, entre autres le thème de la maternité dans les pratiques klopse de Cape Town, la subjectivité Noire dans l’opéra Porgy and Bess, la mise en scène des VACS dans l’opéra de Mozart Così fan tutte, le son et la naissance pendant la pandémie de COVID-19, les interventions musicales dans le travail gestationnel, les paysages sonores de la médecine coloniale, et enfin les mises en scène de la souffrance maternelle dans l’opéra Faust de Gounod. 

Pour lire le Journal : https://muse.jhu.edu/issue/48871

Bienvenue à Caroline Marcoux-Gendron, nouvelle professeure associée au Département de musique! 

Voici une petite entrevue qui vous permettra de découvrir Caroline. Nous la remercions vivement pour ce partage si authentique.

Crédit photo : Youssef Shoufan

* Pouvez-vous vous présenter ?

Je dirais d’abord que je suis une grande passionnée de musique, ayant enfilé mes premiers souliers de danse à l’âge de 3 ans et tenu mon premier instrument (le violon) à l’âge de 5 ans, avant de m’adonner au chant populaire et jazz. Bien que j’aie délaissé la pratique musicale active au profit de la recherche en musique depuis une dizaine d’années, les salles de spectacle restent ma deuxième maison à ce jour.

J’ai eu un parcours d’études assez diversifié, en commençant par un baccalauréat en musicologie, suivi d’une mineure en anthropologie et d’une maîtrise en ethnomusicologie, pour terminer par un doctorat en études urbaines où j’ai surtout puisé dans la sociologie de la culture et la sociologie des migrations. Mes recherches interrogent le rapport entre musique et migrations humaines sous différents angles, qu’il s’agisse des carrières de musicien.nes immigrant.es ou de la musique comme vecteur de socialisation et de sociabilités dans l’expérience migratoire.

Enfin, j’ai aussi une expérience dans le milieu musical où j’ai été coordonnatrice de l’ensemble Constantinople et chargée de projets au Centre des musiciens du monde pendant près de 4 ans, ce qui m’a permis de toucher à la production de disques et de concerts, à la diffusion nationale et internationale. J’ai également été membre du comité d’évaluation en musique pendant 1 an au Conseil des arts de Montréal, avant d’être nommée sur le Conseil d’administration où j’agis désormais comme présidente du secteur musique, ce qui constitue une fabuleuse expérience en gouvernance culturelle.

*Pourquoi avez-vous choisi le Département de musique de l’UQAM ?

Le Département de musique de l’UQAM réunit des collègues très dynamiques, avec des projets tous plus intéressants les uns que les autres et qui abordent des enjeux qui m’interpellent comme l’équité, la diversité et l’inclusion dans le milieu de la musique, la valorisation de répertoires musicaux du monde par l’utilisation de nouvelles technologies ou par un travail de mise en accessibilité d’archives pour les chercheur.euses comme pour les interprètes, le décloisonnement des genres musicaux de nos jours, pour n’en nommer que quelques-uns.

De plus, considérant la place importante qu’y tient la pratique artistique active chez les étudiant.es, et l’intérêt que je voue aux questions de professionnalisation en musique, c’est un lieu en phase avec les réflexions qui m’habitent.

*Que souhaitez-vous apporter au Département de musique ?

Je souhaite poursuivre et approfondir mes travaux sur la professionnalisation en musique, en m’intéressant tout particulièrement aux musicien.nes en situation de migration dont les réalités socioprofessionnelles restent encore peu étudiées, bien qu’elles soient de plus en plus constitutives de l’écosystème culturel québécois. 

Le thème de la professionnalisation permet aussi d’envisager des développements concrets à l’intention des étudiant.es en musique, qui ont besoin d’outils pour pouvoir intégrer le monde professionnel à la fin de leurs études. Bref, j’espère pouvoir mettre à profit mes deux chapeaux – de chercheuse et de professionnelle du milieu culturel – pour déployer des projets à la fois pertinents sur le plan scientifique et d’intérêt pour le milieu musical professionnel et ses acteur.trices.

La critique culturelle, d’hier à aujourd’hui

La Presse | Publié le 16 septembre

Journalistes : Émilie Côté et Alexandre Vigneault

Photographie : Illustrations La Presse

Danick Trottier, musicologue, professeur et directeur au Département de musique de l'UQAM intervient dans cet article.

La critique culturelle s’exerce aujourd’hui dans un environnement qui a changé radicalement. Après tout, il y a 20 ans, Spotify, YouTube et les réseaux sociaux n’existaient pas. En quoi le travail des journalistes est-il différent de ce qu’il était ?

Fini le monopole

Avec les réseaux sociaux et les plateformes d’écoute en ligne, les journalistes et les critiques ont de la concurrence pour faire découvrir des artistes, des œuvres au public ou rendre compte d’un évènement culturel. « Il y a une plus grande action des publics sur la notoriété, la visibilité et la pérennité d’une œuvre », souligne Christelle Proulx, doctorante en histoire de l’art qui s’intéresse à la culture numérique. « Les algorithmes font maintenant partie des prescripteurs culturels », ajoute-t-elle. Non seulement le public participe activement au discours critique, les critiques sont aussi davantage… critiqués ! « Tout le monde a une opinion, donc la critique doit être plus qu’une simple opinion pour avoir une valeur », souligne Catherine Voyer-Léger, autrice de l’essai Métier critique : pour une vitalité de la critique culturelle. « Il n’y a pas de diplôme pour devenir critique. Cela vient avec une expérience. »

Un impact amoindri

Est-ce qu’une bonne critique a autant d’impact qu’elle en avait avant sur le box-office d’un film ou les ventes d’un livre ? Catherine Voyer-Léger souligne que les études peinent à mesurer les retombées d’une bonne critique et que cela diffère d’un art à l’autre. Martin Véronneau, président de Local9, agence de promotion radio et de relations de presse, considère lui aussi que l’époque où une mauvaise critique pouvait détruire une carrière est révolue. La critique demeure néanmoins un gage de crédibilité important. « Si j’écris un show de télé, je veux qu’Hugo Dumas aime ça », illustre-t-il.

Un nouveau rôle

Il paraît aujourd’hui plus de disques, de livres, de séries télé et de films que jamais. Dans un tel contexte, le rôle du critique s’apparente de plus en plus à celui d’un « curateur » : on écoute, lit, regarde, trie et invite à porter attention à ceci plutôt qu’à cela. En disant pourquoi. Ce qui explique qu’on retrouve moins de critiques négatives : pourquoi accorder de l’espace à un truc moyen fait par un artiste méconnu plutôt qu’à un projet méritant d’être découvert ? On ne peut pas passer à côté des vedettes, par contre : bon ou moins bon, il faut en parler. 

Feu le snobisme

Il y a des critiques qui croient pouvoir poser un jugement sûr sur tout. Qui sont méprisants et se vantent d’avoir compris, eux, ce film compliqué qui se termine – façon de parler – sur une fin ouverte… Le snobisme, pour Danick Trottier, renvoie à une forme de critique qui défend une tradition ou un idéal et est encore présent chez certains puristes, qu’ils parlent de punk ou de musique classique. « Les critiques d’aujourd’hui sont bien plus des guides que les protecteurs d’une tradition, juge-t-il. Ils posent des repères. » Comme critique, on admet aussi que l’objectivité n’existe pas. Qu’on critique avec ses références culturelles, sa sensibilité et ses préférences. Un peu d’humilité ne fait pas de moins bonnes critiques. Catherine Voyer-Léger remarque elle aussi que le ton de la critique a changé. « La culture ne se consomme plus comme avant et il n’y a plus une seule autorité critique, note-t-elle. Il y a un relativisme par rapport aux goûts culturels. Je ne pense pas qu’une émission comme Le cimetière des CD pourrait exister aujourd’hui. […] On ne peut plus aborder les arts avec une posture ferme non négociable de ce qu’est une esthétique réussie. » 

La ville ne fait plus foi de tout

Qu’on parle de restauration, de mode de vie ou d’offre culturelle, les villes et les régions sont moins en opposition qu’elles ne l’étaient. Il serait inimaginable aujourd’hui de parler de « musique de région » pour décrire celle d’un groupe ou d’un artiste. Ce fut pourtant le cas à une certaine époque avec La Chicane ou Noir Silence, par exemple. Autre phénomène plutôt révolu : celui de la grande « rentrée montréalaise ». « Mon hypothèse est qu’il y a eu un grand développement des pôles artistiques régionaux depuis 15 ans. Cela vient avec une ouverture d’esprit et un décloisonnement », souligne Catherine Voyer-Léger. Martin Véronneau, président d’une agence de promotion radio et de relations de presse (pour 2Frères et Taktika, notamment), observe néanmoins qu’un certain clivage demeure dans certains genres musicaux. « Mais ce n’est pas vrai que c’est si différent », concède-t-il. 

Les genres prennent le bord

Dans son livre Le classique fait pop !, le musicologue Danick Trottier s’intéresse à la « pluralité musicale » et au « décloisonnement des genres » accéléré par le virage numérique. En 2022, un jeune mélomane peut écouter à la fois du rap, du rock ou de la pop symphonique en une seule journée. Dans ce contexte, les catégories de musique deviennent de plus en plus « obsolètes », écrit le professeur de l’UQAM. Il souligne néanmoins que le langage est indispensable pour nommer, qualifier ou classifier la musique. Les journalistes doivent pouvoir situer le public, mais ils ne peuvent plus opposer aussi franchement que dans le passé les musiques dites classique et populaire. Pour les critiques, c’est ainsi un défi de ratisser plus large, surtout qu’il existe aujourd’hui une multitude de blogues et de sites web spécialisés. Par contre, les « généralistes » ont une vue d’ensemble. « Cette vision générale est importante parce qu’elle permet de mettre les choses en contexte et de les comparer, juge Danick Trottier. Dans les sites spécialisés, la vue reste souvent limitée à un seul domaine. » 

Les artistes, nos « amis » ?

Le monde est petit. Le milieu culturel québécois l’est encore plus. D’où cette impression de proximité entre journalistes culturels et artistes. Se retrouver face à une personne dont on a sévèrement critiqué le travail n’est pas inhabituel au Québec. Ni agréable, tant pour le critique que pour le critiqué. Ce qui n’empêche pas de dire ce qu’on pense. « Je sens autant d’enthousiasme que de réserve. Je ne sens pas que le travail de critique est affecté », dit Danick Trottier, même s’il perçoit que ça peut être le cas lorsqu’un média est lié – par son propriétaire, par exemple – à une production culturelle ou à sa diffusion. La nuance, c’est peut-être que lorsqu’il s’agit de créateurs québécois, les critiques se gardent en général de verser dans la critique spectacle. Démolir un artiste pour attirer l’attention sur soi n’a en effet rien de bien glorieux. « Une critique posée prend en considération les conséquences de son propos, la façon dont elle sera reçue. Pas seulement par l’artiste, mais aussi par le public », précise le musicologue.

Et l’avenir ? 

Catherine Voyer-Léger considère que le journalisme culturel est en grande transformation. Si nous ne sommes plus dans l’âge d’or de la critique avec de grands plateaux comme celui de La bande des six, expose-t-elle, la critique se fragmente et prend d’autres formes, que ce soit avec des balados ou des revues culturelles. Le mouvement #metoo a aussi nourri tout le débat de savoir s’il fautdissocier l’œuvre de l’auteur. « Nous ne sommes plus dans le discours de l’art pour l’art sans discours moral, expose-t-elle. Aujourd’hui, on remet aussi en question le fait qu’un homme cis blanc a la bonne posture pour critiquer une œuvre féministe d’une femme noire. » Avec l’arrivée du numérique et de l’internet, le pouvoir de définir ce qu’est l’art dit légitime a changé, renchérit Christelle Proulx, doctorante en histoire de l’art qui mène un projet de recherche sur la question dans les arts visuels. Mais la critique doit garder sa place. « C’est important qu’il y ait cette voix d’expertise qui demeure. »

Lire l'article sur le site de La Presse ICI.

Un prix gémeaux pour une diplômée du DESS en musique de film

Félicitations à Anaïs Larocque, diplômée du DESS en Musique de film de l'UQAM, qui a gagné un prix Gémeaux dans la catégorie Meilleure musique originale : documentaire pour la composition de musique du film documentaire « La goutte de trop », lors de la Soirée des artisans et du documentaire de la 37e édition des Prix Gémeaux a eu lieu le 15 septembre 2022.

Parmi les 14 membres SOCAN qui se retrouvaient en nomination dans les catégories musicales de cette fête de la télévision québécoise, Anaïs Larocque est repartie avec une statuette pour son travail remarquable quant à sa production.

Le documentaire dresse un portrait de la consommation d’eau potable au Québec. Le film est disponible sur le site Web de Télé-Québec ici.

Plus d'information ici : https://www.magazinesocan.ca/news/trois-de-nos-compositeursalaffiche-remportent-des-prix-gemeaux-2022/

Apprendre à jouer de la musique en groupe

ActualitésUQAM par Jean-François Ducharme | 13 septembre 2022

Ouverte au grand public, l’Harmonie nouveaux horizons de Montréal recrute.

À compter de cet automne, l’Harmonie nouveaux horizons de Montréal, un ensemble à vent et percussion qui offre au grand public la possibilité d’apprendre à jouer de la musique en groupe, tiendra ses répétitions à la salle Jacques-Hétu (local F-3080) du Département de musique. L’Harmonie est en période de recrutement.

L’ensemble se divise en trois groupes, dont deux plus avancés et un groupe d’initiation. Le groupe Initiation s’adresse aux personnes n’ayant jamais joué d’un instrument à vent ou à percussion ou qui veulent réapprendre à jouer après une pause de plusieurs années. On y apprend les techniques de base – posture, doigté, respiration –, la lecture de notes et la théorie musicale. À la fin de la session, les membres pourront jouer une ou deux pièces d’harmonie faciles.

«Nous n’avons pas encore de membres de la communauté uqamienne officiellement inscrits, mais nous avons reçu plusieurs demandes après le concert donné par l’Harmonie en juin dernier dans l’Agora du pavillon Judith-Jasmin», souligne Audrey-Kristel Barbeau, professeure au Département de musique et directrice de l’Harmonie.

Les répétitions du groupe Initiation ont lieu les samedis, de 14 h à 15 h 30, du 24 septembre au 10 décembre. Une rencontre d’information aura lieu le samedi 17 septembre, à 14 h, à la salle Jacques-Hétu.

Les deux ensembles plus avancés – Adagio et Allegro – s’adressent aux personnes qui jouent déjà de la musique et qui aimeraient intégrer un ensemble.

On peut consulter le site de l’Harmonie nouveaux horizons pour plus d’information.

Lire l'article sur ActualitésUQAM

Crédit photo : Audrey-Kristel Barbeau (l'Harmonie nouveaux horizons de Montréal a donné un concert en juin dernier dans l’Agora du pavillon Judith-Jasmin)

Marie-Annick Béliveau, nouvelle directrice artistique de Chants Libres

Félicitations à Marie-Annick Béliveau (chargée de cours au Département de musique) qui succède à Pauline Vaillancourt à la direction artistique de Chants Libres.

Cette nomination est un choix naturel, la mezzo-soprano ayant participé à de nombreuses créations de Chants Libres avant d’en devenir assistante à la direction artistique en 2013.

Elle se voit ainsi confiée la mission de perpétuer le mandat dédié à la création d’œuvres opératiques et à l’exploration de nouvelles écritures vocales.

Interprète de premier plan sur la scène montréalaise, Mme Béliveau se fait régulièrement remarquer en assurant la création d’une trentaine d’opéras contemporains et d’œuvres lyriques.

Ces collaborations, souvent teintées de sa passion pour l’expérimentation, lui permettent de tisser des liens forts avec les artistes et compositeurs, tout en développant son goût pour la programmation artistique.

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Découvrir Chants Libres

Circulation numérique de Stravinski. Le Sacre du printemps dans le cyclone du mashup

Danick Trottier, professeur de musicologie et directeur du Département de musique, signe un article sur la circulation du Sacre du printemps de Stravinski sous forme de mashup sur YouTube dans la Revue musicale OICRM (Observatoire interdisciplinaire de création et recherche en musique), VOL. 9 Nº 1, JUIN 2022.

Résumé

"Cet article porte sur la circulation de Stravinski à l’ère numérique, plus particulièrement la diffusion de son œuvre sur YouTube.

Le cas du Sacre du printemps est au cœur de l’étude par l’intermédiaire de son usage et de sa métamorphose sous forme de mashup. Partant de là, la réflexion s’intéresse à la façon dont l’œuvre de Stravinski se trouve valorisée en contexte de numérimorphose, ce que permettent de rendre compte trois mashups qui font l’objet d’une analyse plus poussée.

Ces derniers mettent en relief les façons dont deux contenus préexistants s’amalgament sous forme d’hybridation (l’idée même de mashup), par exemple dans le croisement entre Stravinski et Beyoncé ou Steely Dan ou Smash Mouth, autant de rencontres improbables mais qui viennent ici montrer un intérêt pour le ballet phare de l’avant-garde musicale et la recherche d’une fusion stylistique.

L’originalité du geste repose sur le choix du Sacre du printemps et le processus de désacralisation qui s’ensuit, ce sur quoi insistent les conclusions de la recherche."

Lire l'article : https://revuemusicaleoicrm.org/.../circulation-numerique.../

La musique populaire, un écosystème inéquitable?

ACTUALITÉSUQAM | Série L'actualité vue par nos experts

Par Pierre-Etienne Caza | le 7 juin 2022

"La sous-représentation de la diversité culturelle et de genre dans les festivals n’est que la pointe de l’iceberg, analyse Vanessa Blais-Tremblay, professeure au Département de musique."

Au grand bonheur des amateurs de musique, les festivals d’été ont annoncé plus tôt ce printemps leur programmation respective, mais certaines de ces annonces ont créé des remous en raison de la sous-représentation de la diversité culturelle et de genre. Cela a incité une demi-douzaine d’organisations à signer une lettre ouverte pour demander à tous les diffuseurs publics du Québec, incluant les festivals, de se doter d’un plan d’action afin de viser une relance culturelle post-pandémique réellement inclusive. «Les publics du Québec méritent que ce qu’on leur présente sur leurs scènes reflète la vitalité et la grande pluralité de la vie musicale québécoise», soulignent-elles.

Parmi les signataires de cette lettre, on retrouve le réseau DIG! Différences et inégalités de genre dans la musique au Québec, dont la directrice scientifique est la professeure du Département de musique Vanessa Blais-Tremblay. Selon elle, la programmation inéquitable de certains festivals n’est que la pointe de l’iceberg d’une problématique qui se situe en amont des scènes estivales. «En musique populaire, le festival est la fin de la chaîne alimentaire, explique-t-elle. Pour qu’un artiste s’y produise, il doit d’abord avoir développé son produit, réalisé un album et avoir tourné sur les radios commerciales.»

Au Québec, la création musicale dépend souvent de bourses provenant d’organismes comme le Conseil des arts et lettres du Québec ou le Conseil des arts de Montréal. «Ces organismes ont développé des politiques avant-gardistes en ce qui concerne l’aide aux artistes de la diversité, reconnaît Vanessa Blais-Tremblay, notamment parce que les jurys qui évaluent les demandes sont paritaires.» C’est ensuite que les choses déraillent. «Pour faire connaître ses créations, l’artiste doit obtenir un contrat de disque. Or, les maisons de disque sont subventionnées, mais elles n’ont aucun incitatif à se préoccuper de la parité hommes-femmes ou à engager des artistes de la diversité.»

S'il était aussi facile de partager sur les réseaux sociaux les listes de diffusion des radios commerciales que de partager l’affiche d’un festival, les gens seraient outrés de voir à quel point les artistes féminines et de minorités sont sous-représentées sur les ondes.

Vanessa Blais-Tremblay

Professeure au Département de musique

Pour connaître du succès, un artiste doit aussi réussir à ce que ses chansons soient diffusées à la radio commerciale, l’une des zones les plus inéquitables de l’écosystème musical, affirme Vanessa Blais-Tremblay. «Le problème empire depuis 2012. À l’époque, on comptait environ 23 % de chansons d’artistes féminines. Cette proportion est passée à 12 %. S’il était aussi facile de partager sur les réseaux sociaux les listes de diffusion des radios commerciales que de partager l’affiche d’un festival, les gens seraient outrés de voir à quel point les artistes féminines et de minorités sont sous-représentées sur les ondes.»

Dans la majorité des cas, c’est la notoriété acquise par la diffusion de ses chansons à la radio qui fait qu’un ou une artiste est invité à participer à un festival. «Les festivals sont subventionnés, mais pas à 100 % : ils ont besoin de vendre des billets et, pour cela, ils veulent des artistes reconnus. Peut-on les blâmer?», demande la professeure.

Mieux en ville, encore difficile en région

Vanessa Blais-Tremblay estime qu’il est souhaitable que l’ensemble de l’industrie musicale tende vers des pratiques inclusives. «On a tendance à pointer les festivals du doigt, mais ce n’est pas très constructif comme approche, nuance-t-elle, d’autant plus que, dans l’ensemble, ils ont fait des efforts significatifs pour améliorer leur programmation depuis cinq ans. À Montréal, les principaux événements comme le Festival international de jazz, les Francofolies et Osheaga ont considérablement amélioré le ratio hommes/femmes et artistes blancs/artistes racisés depuis la première mobilisation féministe sur la question, en 2017.»

Là où le bât blesse le plus au niveau de la représentation culturelle et de genre, c’est en région, là où, bien souvent, les organisations sont bénévoles . «Mais cela n’est pas une excuse, s’empresse d’ajouter Vanessa Blais-Tremblay. Plusieurs festivals hors de Montréal reçoivent du soutien financier, et les organismes subventionnaires pourraient mettre en place des solutions. Avec les fonds publics, on pourrait, par exemple, engager un commissaire à la diversité pendant quelques années afin d’aider les organisations à atteindre une programmation inclusive.»

L’un des objectifs du réseau DIG!, rappelle-t-elle, est de favoriser le dialogue entre les différents festivals afin que ceux qui parviennent le mieux à offrir une programmation diversifiée puissent partager leurs bonnes pratiques avec les autres.

Crédit photo : Ana Popović au Festival international de jazz de Montréal le 5 juillet 2010. Photo: Pêle-Mêle/FIJM 2010.

Lire l'article sur le web ICI

Bienvenue à la professeure Vanessa Blais-Tremblay

Bienvenue à Vanessa Blais-Tremblay, nouvelle professeure au Département de musique !!

Voici une petite entrevue qui vous permettra de découvrir Vanessa. Nous la remercions vivement pour ce partage si authentique.

* Peux-tu te présenter ?

Je suis musicologue, violoniste, et maman de trois enfants vraiment formidables.

Dans mes recherches, je m’intéresse en particulier aux vies musicales des femmes en histoire du Québec, ainsi que, plus largement, aux liens qui unissent la musique et la justice sociale.

Je suis passionnée d’histoire de la musique, mais plus particulièrement de l’humain lorsqu’il·elle entre en relation avec la musique ; lorsqu’il·elle s’anime — physiquement, socialement, psychologiquement, affectivement ou autre — en rapport avec la musique.

* Pourquoi as-tu choisi le Département de musique de l’UQAM ?

J’ai toujours rêvé de travailler dans un endroit *exactement* comme le Département de musique de l'UQAM, où je serais entourée de musique en tout temps! J’adore que mon bureau soit tout près du local de combo! Qui était l’étudiant·e qui y chantait une chanson de Charlotte Cardin, d’ailleurs, la session dernière??? 😉

À l’UQAM, je peux rester une musicologue “généraliste”, c’est-à-dire continuer d'enseigner les symphonies de Gustav Mahler (que j’adore!) tout comme faire (re-re-re-re-re-)découvrir la voix de Billie Holiday.

C’est un Département où l'on y valorise l’enseignement, l’authenticité et le vivre-ensemble. Et je ne connais pas d’université en meilleure posture pour démontrer la pertinence interdisciplinaire de la musique en tant qu’objet d’étude, ou pour mettre en place des initiatives intersectorielles visant l’équité, l’inclusion et la diversité en musique (notamment via le Service aux collectivités) — des priorités qui sont au coeur de mes valeurs ainsi que de mes objectifs à titre de chercheuse.

Je suis vraiment très fière d’avoir été accueillie par le Département de musique de l’UQAM ; je crois que c’est un environnement de travail qui m'ira comme un gant.

* Que souhaites-tu apporter au Département de musique ?

Depuis que j’ai commencé à y travailler en 2019 à titre de chargée de cours, le Département de musique m’apporte énormément.

J’y rencontre des étudiant·es passionné·es, créatif·ves et curieux·ses qui veulent réellement faire une différence ; un corps professoral dynamique qui prend soin de son monde ; et une équipe de chargé·es de cours en pratique artistique dont j’admire depuis très longtemps le talent, la discipline de travail, et l’intégration exemplaire dans l’industrie musicale québécoise.

Je souhaite donc apporter au Département de musique ce que j’y reçois, c’est-à-dire contribuer moi aussi à nourrir ce sentiment qu’à travers la musique que l’on joue et que l’on aime, on peut créer des communautés où il fait bon vivre, se souvenir, et rêver.

Au Département de musique de l’UQAM, près de 300 étudiantes et étudiants aux 3 cycles orchestrent leur avenir par l’acquisition des meilleures notions qui soient, prodiguées avec grande expertise par un corps professoral dévoué et connecté au milieu. Au programme : musique populaire et classique, enseignement, études et pratiques des arts, musique de film.

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Département de musique
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