Article paru le 31 janvier publié par Philippe Renaud - LE DEVOIR
Le professeur Ons Barnat a été interviewé dans le cadre de cet article qui porte sur la prochaine performance de Bad Bunny au Superbowl.
En octobre dernier, lorsque la Ligue nationale de football (NFL) américaine et le producteur et rappeur Jay-Z (Roc Nation) ont dévoilé l’identité de l’artiste invité à animer le spectacle de la mi-temps du Super Bowl LX, la droite américaine est montée aux barricades. Pourtant, Bad Bunny, l’une des pop stars les plus populaires de la planète, ne sera pas le premier musicien d’origine latino-américaine à se produire sur la plus importante tribune que l’Amérique-spectacle peut offrir. De quoi Bad Bunny, en vedette dimanche à la remise des prix Grammy avant son concert attendu du 8 février au Super Bowl, est-il donc le symbole ?
Donald Trump a confirmé au New York Post plus tôt cette semaine qu’il n’assisterait pas en personne à la joute opposant les Seahawks de Seattle aux Patriots de la Nouvelle-Angleterre, disputée à San Francisco le dimanche 8 février : « c’est trop loin » de Mar-a-Lago. Et à propos de la tête d’affiche du concert de la mi-temps, et de celui présenté en avant-match par les auteurs du succès American Idiot, Green Day, il a ajouté être « contre eux » (« anti-them ») : « Je pense que c’est un choix terrible. Tout cela ne fait que semer la haine. »
Le commentaire apparaît plus absurde après des semaines de violence à Minneapolis, où les agents de la U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) traquent les ressortissants dans la violence. Conséquemment, le concert de la star portoricaine, qui a promis de ne chanter que son répertoire en espagnol, est déjà perçu comme un symbole de résistance.
« D’abord, Bad Bunny est devenu une figure incontournable de la pop mondiale, observe Ons Barnat, ethnomusicologue et professeur au Département de musique de l’UQAM. Une figure qui affirme complètement l’aspect identitaire, de sa musique comme de sa personne, envoyant ainsi un message très frais en comparaison de toutes les stars latinos passées avant lui. »
En prévenant l’auditoire que sa performance sera entièrement livrée en espagnol, « il souligne que cette langue n’est plus que celle d’une minorité, mais de beaucoup d’États-Uniens et de Nord-Américains, estime Ons Barnat. De plus, je lisais aujourd’hui un article rapportant la rumeur qu’il porterait une jupe » en appui à la communauté LGBTQ+. « Il bouleverse les codes, il devient un nouvel exemple pour la jeune génération latino-américaine. »
Lecture sur le site LE DEVOIR : https://www.ledevoir.com/culture/musique/952419/bad-bunny-fait-resistance?
Crédit photo : Alfredo Estrella Agence France-Presse Le rappeur portoricain Bad Bunny se produit sur scène lors de sa tournée mondiale «Debi tirar mas fotos» à Mexico, le 10 décembre 2025.