Auteur : Girard, Chloé

PERCUQAM prend sa place !

Gina Ryan percussionniste et professeure en enseignement de la musique nous partage sa fierté de voir PERCUQAM mentionné dans le dernier numéro du magazine Percussive Notes.  

Fabrice Marandola y a documenté 60 ans d’ensembles de percussions au Canada.  Il y écrit : 
« Le plus récent ensemble parmi les universités canadiennes se trouve à Montréal, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Fondé par la professeure de percussions Gina Ryan, PercUqam a présenté son concert inaugural en 2023 dans le cadre du Telematic Earth Day Festival, dévoilant Reboise-ment, une œuvre composée par Ryan pour l’occasion.

Composé d’étudiant·es de l’UQAM qui ne sont pas tous spécialisés en percussion, il s’agit d’une activité extracurriculaire qui fonctionne par projets. En novembre 2025, PERCUQAM a accueilli les Percussions de Strasbourg ainsi que d’autres ensembles professionnels et étudiants montréalais pour l’interprétation de Field of Vision de Michael Gordon, sous la coordination de Sixtrum. »

Vous pourrez les découvrir du 28 au 30 mai à Hamilton. En effet, Gina Ryan et PerCuqam participeront au Congrès national L’interstice V (The Space Between).

À cette occasion, l’ensemble présentera la création mondiale de Jardin des papillons, une œuvre collective pour ensemble de percussions inspirée du solo pour percussions et bande sonore composé par Gina Ryan en 2022.

Pour ce projet, Caroline Chevalier, Geneviève Hébert, Frédéric Gendron, Patricia Sorya et Julie Vovan se joindront à des percussionnistes du Canada et des États-Unis, dans le cadre de cette rencontre organisée par le Réseau canadien de la percussion.

PERCUQAM est l’Ensemble de percussions classiques et expérimentales du Département de musique qui joue sous la direction de Gina Ryan.  Il est composé de percussionnistes et d'étudiant.es passionné.es par les percussions. L'ensemble présente des œuvres dans le style des percussions classiques, expérimentales et pop, ainsi que des improvisations sur les sculptures sonores Baschet.

Vous pouvez découvrir un extrait de leur performance lors de la Nuit de la poésie qui a eu lieu durant la Nuit Blanche du 1er février 2026 : https://www.instagram.com/reel/DVyi0LriJ_z/?utm_source=ig_web_button_share_sheet&igsh=MzRlODBiNWFlZA==

Découvrir le plaisir de chanter par la pédagogie Kodály

Les professeures Audrey-Kristel Barbeau et Hélène Boucher sont les autrices de ce livre qui vient de paraître chez Presses de l’Université du Québec. Il est disponible dans toutes les libraires.

Découvrir le livre

Comment offrir une éducation musicale de qualité, accessible et ancrée dans la culture francophone, tout en favorisant le développement global de l’élève et le plaisir d’apprendre ?

Présente au Québec depuis les années 1960, la pédagogie Kodály repose sur le chant, le jeu musical, le répertoire traditionnel et folklorique ainsi que sur le développement de la musicalité. Humaniste et compatible avec l’approche par compétences, elle connaît aujourd’hui un regain d’intérêt.

Cet ouvrage propose une adaptation pensée pour le contexte francophone, notamment en contournant l’écueil de la solmisation relative, souvent perçue comme problématique. Il montre également comment cette approche s’intègre naturellement au Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ). Entre repères historiques, analyse critique et pistes concrètes, il offre des outils essentiels pour intégrer une initiation musicale cohérente, vivante et profondément formatrice à l’école.

Il s’adresse à tous les acteurs et actrices du milieu de l’éducation souhaitant (re)découvrir la richesse de la pédagogie Kodály dans une version adaptée aux réalités d’aujourd’hui. Un ouvrage incontournable pour toute personne souhaitant repenser l’enseignement de la musique dans une approche séquencée axée sur le plaisir.

Angine de Poitrine, à la fois viral et profond

Cet article de Danick Trottier, professeur en musicologie, a été publié dans le journal LA PRESSE le 17 mars 2026.

Lire l’article sur le site de LA PRESSE

Découvrir Angine de Poitrine

Comme Angine de Poitrine est devenu un phénomène viral dans les dernières semaines, chacun a désormais sa propre histoire quant à la découverte de sa musique. De mon côté, c’est à peu près à cette période-ci l’an dernier qu’un étudiant a porté le duo à mon attention dans l’un de mes cours. Pour être bien honnête, le foisonnement de propositions musicales est tel en contexte numérique qu’il est bien difficile de prévoir ce qui retiendra l’attention des publics. Bien malin celui qui aurait pu prédire ce buzz à l’international et les discussions qui allaient s’ensuivre dans nos médias, entre autres la semaine dernière dans la foulée de son passage à l’émission Tout le monde en parle.

Or, je dois me pincer ces jours-ci pour être certain que je ne rêve pas face à l’engouement que suscite Angine de Poitrine et aux réactions (positives comme négatives !) qui en découlent dans l’espace médiatique.

Les enjeux abordés par les journalistes et les fans se rapprochent de la matière que j’explore dans mes cours. Il est question, par exemple, du genre musical que l’on doit rattacher au duo qui provient du Saguenay, des liens avec les styles de rock issus du passé, de lutherie avec la guitare/basse à deux manches, etc. Sans insister sur le langage musical qu’emploie le duo dans la continuité de la microtonalité – courant musical consistant, résumé bien simplement, à sortir de la division de notre musique occidentale en demi-tons (la gamme chromatique de 12 notes) pour aller vers une division sonore plus infinitésimale des notes utilisées, par exemple les quarts de ton.

Une certaine matière que je présente dans mes cours peut maintenant prendre appui sur un phénomène musical qui l’exemplifie. C’est dire qu’Angine de Poitrine a tout le potentiel de devenir une source d’inspiration quand j’inviterai mes étudiants à trouver leur propre voie.

Capital esthétique

Quand on forme des musiciens en contexte universitaire, l’un des grands défis qui se posent est de susciter un intérêt au-delà de la pratique instrumentale, laquelle est bien sûr la raison première de leur inscription dans un programme d’interprétation en musique. Le professeur doit souvent rappeler aux étudiants qu’ils sont aussi des auditeurs et qu’en cela les choix musicaux qu’ils font importent tout autant que leur positionnement dans le milieu musical. Le professeur devient donc une sorte de guide face à l’abondance musicale qui nous happe au quotidien et dans laquelle l’étudiant doit nager pour donner un sens à sa pratique musicale.

Dans cette perspective, un concept comme celui de « capital esthétique » devient important pour orienter les étudiants dans la construction de leur identité musicale : quels sont les modèles et références sur lesquels leur pratique s’appuie ? Quelles sont leurs sources de motivation et comment se situent-ils comme héritiers dans le développement de la musique occidentale ?

Dans le cas d’Angine de Poitrine, la mise en valeur d’un capital esthétique est carrément revendiquée dans le discours qui entoure sa promotion et dans les entrevues qu’il donne.

Dans celle toute récente accordée à Nicolas Tittley pour le compte du magazine Paroles & musique de la SOCAN⁠1, je suis frappé de voir à quel point Khn (guitariste) et Klek (batteur) citent avec éloquence des pans du passé musical pour en faire des références caractérisant leur univers sonore : les préoccupations de lutherie avec la guitare microtonale, le mélange de tradition et de modernité, la musique progressive, etc. Autrement dit, le duo met en relief une connaissance de l’histoire musicale pour se situer dans la continuité de celle-ci tout en démontrant qu’une recherche identitaire en musique est porteuse de sens. C’est exactement ce que j’invite mes étudiants à faire !

La quête d’originalité

Cette mise en valeur d’un capital esthétique s’accompagne aussi d’un pari pris par le duo, qui le sert fort bien dans notre époque : le fort désir d’originalité, bref de proclamer le droit à une différence musicale ! Cette revendication souffle comme un vent de fraîcheur sur notre milieu musical et fait la démonstration qu’une musique nichée peut émerger de l’amas de propositions musicales quand elle est bien travaillée et met à profit une conception du musical qui sort des sentiers battus. En plus du fait que le duo reprend à son compte la formule de Daft Punk et des groupes de nu metal basée sur l’anonymat avec des masques et costumes excentriques.

Au-delà de la logorrhée qui a parfois accompagné la réception publique du duo, notamment devant l’incompréhension de son esthétique (décrite avec ironie comme « Mantra-rock dada pythago-cubiste »2), un fait demeure et ne peut être contesté : les deux musiciens se démarquent par leurs prouesses techniques du côté instrumental et par des formules musicales qui sont peu fréquentes en musiques populaires, par exemple le recours à des arrêts et contretemps rythmiques et l’usage de cellules mélodiques hypnotiques.

C’est peut-être là qu’Angine de Poitrine me surprend le plus : le duo fait dans la musique instrumentale et expérimentale, loin des codes qui prévalent en ce moment dans la pop planétaire. J’ignore si le phénomène continuera sur cette belle lancée, mais, assurément, il a touché juste et pourra servir de modèle à son tour, sur les bancs d’université comme ailleurs.

Donner de la visibilité aux femmes dans la musique québécoise

La professeure Vanessa Blais-Tremblay a fait l'objet du dossier "Le leadership au féminin" paru dans Le Devoir dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars 2026. Elle y présente le réseau D!G et l'importance de la recherche partenariale pour favoriser l'équité, la diversité et l'inclusion dans l'industrie de la musique québécoise. 

Lire l’article sur le site du Devoir

Offert en français depuis deux ans, l’annuaire de Women in Music Canada permet de repérer des artistes et des professionnelles de l’industrie musicale aux quatre coins du Québec. Un outil précieux pour favoriser la parité dans un secteur où les femmes — créatrices, interprètes ou techniciennes — peinent encore à accéder aux mêmes occasions que les hommes et à avoir une visibilité équitable.

Au Québec, comme ailleurs au Canada, l’industrie musicale repose largement sur le bouche-à-oreille et des réseaux informels fondés sur les contacts et les collaborations. Si cette dynamique favorise la proximité et la confiance, elle tend aussi à reconduire les mêmes cercles d’influence et à limiter l’accès aux talents moins visibles issus de groupes sous-représentés. Les occasions se concentrent au sein d’un nombre restreint d’acteurs, ce qui rend difficile l’émergence de nouvelles voix et de profils variés. C’est dans ce contexte qu’est née l’idée d’un répertoire entièrement féminin, conçu pour briser l’entre-soi et encourager des connexions professionnelles plus diversifiées au sein du milieu musical.

Le projet a d’abord été porté par le regroupement Facebook Femmes en musique, sous la forme d’une base de données Excel recensant des contacts et des numéros de téléphone. Créé en 2021, le réseau de recherche-action DIG ! (Différences et inégalités de genre dans la musique au Québec) a pris le relais en mettant sur pied un groupe de travail chargé de structurer l’initiative et de la rendre plus facilement accessible. De cette démarche est né un partenariat avec l’OBNL Women in Music Canada, déjà à l’origine d’un répertoire anglophone. L’objectif : proposer une version française de ce même bottin et l’enrichir des réflexions et recommandations issues du groupe de travail.

Encourager la parité

« On s’est dit : “À quoi bon lancer un nouveau répertoire spécifique au Québec, alors qu’il y a déjà de nombreuses musiciennes et professionnelles de l’industrie québécoise qui travaillent un peu partout au Canada ?” » explique Vanessa Blais-Tremblay, professeure de musicologie à l’UQAM et directrice scientifique du réseau DIG ! « Nous avons donc fait le pont entre le projet lancé par Femmes en musique et la section montréalaise de Women in Music Canada, qui a obtenu une subvention de Musicaction pour développer un répertoire en français. » 

« L’objectif était de créer un outil concret permettant d’encourager la parité et d’améliorer la représentativité des femmes dans toutes les sphères du secteur musical, qu’il s’agisse de la scène ou des coulisses. »


VANESSA BLAIS-TREMBLAY

La version francophone de ce bottin féminin a été favorablement accueillie par ses premières utilisatrices. « Beaucoup de musiciennes au Québec en avaient assez d’entendre toujours les mêmes refrains : “On voudrait bien une femme saxophoniste, mais il n’y en a pas” ou encore “Des femmes qui jouent de la basse, ça n’existe pas !” Ce qui est complètement faux », explique Vanessa Blais-Tremblay. De fait, le répertoire a permis de rendre visible une réalité trop souvent occultée, en mettant sous les projecteurs des femmes qui travaillent dans la musique à tous les niveaux. On y trouve autant des bassistes que des techniciennes du son, des gérantes ou des productrices.

Des préjugés à la peau dure

Facilement accessible en ligne, le répertoire francophone de Women in Music Canada est un outil précieux pour les festivals, les radios et les organisations ayant adopté une politique d’équité, de diversité et d’inclusion, leur offrant un moyen concret de repérer et de soutenir des talents souvent invisibilisés. « C’est […] un instrument supplémentaire pour faciliter leur travail et appuyer leurs initiatives », souligne la directrice du réseau DIG ! « Ce que j’observe le plus, chez celles et ceux qui suivent nos actions de près, c’est une réelle volonté de bien faire. Beaucoup cherchent à comprendre comment favoriser l’inclusion des femmes et ont besoin d’outils et de ressources pour y parvenir de manière rigoureuse et réfléchie. »

Il reste néanmoins encore du travail à faire au Québec pour mettre fin aux vieilles habitudes. « Quand on parle de représentativité dans les festivals d’été, lorsqu’on compile les têtes d’affiche, on constate que la majorité des événements sont encore hors de la zone paritaire, déplore Vanessa Blais-Tremblay. Il y a beaucoup de freins inconscients qui entrent en jeu, des habitudes comme des préjugés qui continuent d’être actifs. Pour aller au-delà de ces habitudes-là, ça prend du temps, ça prend de la recherche, et ça prend des ressources humaines comme financières. Dans ce contexte, il est essentiel de pouvoir mettre en commun des expertises de recherche avec des expertises de terrain, comme on le fait au sein de DIG ! »

Une formation pour lutter contre les VACS dans les secteurs culturels

Les professeures Vanessa Blais-Tremblay (Département de musique, IREF) et Joëlle Bissonnette (ESG-UQAM) ont obtenu une subvention du Ministère de la culture et des communications du Québec pour développer une offre de formations spécifiques à six secteurs culturels (musique, humour, arts vivants, milieu du livre, métiers d’art, milieu des festivals) à partir des contenus de leur rapport 3, 2, 1… Action! Une démarche concertée de lutte contre les violence à caractère sexuel en culture au Québec, paru en 2025. Un outil synthèse pour envisager les zones d’intervention sur lesquelles chaque personne et organisation peut agir selon ses champs d’action a également été développé cet hiver. 

Pistes d’action pour contrer les VACS dans le milieu culturel

Article paru le 16 février 2026 sur le site de l’ESG UQAM : https://nouvelles.esg.uqam.ca/recherche-et-innovation/pistes-daction-contrer-violences-caractere-sexuel-milieu-culturel/

Au printemps 2025, les professeures Joëlle Bissonnette (Département de management) et Vanessa Blais Tremblay (Département de musique) ont fait paraître un rapport intitulé « 3,2,1… Action! Une démarche concertée de lutte contre les violences à caractère sexuel en culture au Québec ». Ce rapport brosse un portrait alarmant des violences à caractère sexuel dans le milieu de la culture québécois et propose une centaine de pistes d’action à partir d’une analyse de plus de 700 écrits spécialisés et de données issues de groupes de discussion.

À la suite de la publication de ce rapport, l’équipe des professeures Bissonnette et Blais-Tremblay a développé un outil synthèse pour envisager les zones d’intervention sur lesquelles peut agir chaque organisation, selon ses champs d’action. L’outil a été utilisé dans un premier atelier de rédaction de politiques sur la prévention du harcèlement au travail, directement inspiré des recommandations du rapport. L’atelier, animé par l’Aparté – et organisé en collaboration avec l’Adisq – a réuni une dizaine d’organismes du milieu culturel et artistique. Il a permis à ces organisations de revisiter leurs politiques internes, d’échanger en petits groupes et de rédiger, sur place, des éléments concrets de leur politique, adaptés à leur organisation. 

Cet outil vulgarisé continuera à circuler dans le milieu comme outil de rappel et de sensibilisation pour agir contre les violences à caractère sexuel en culture.

L’outil synthèse a été développé notamment grâce au soutien financier du Vice-décanat à la recherche de l’ESG UQAM. Le visuel a été réalisé par Geneviève Bélanger-Nantel, candidate à la maîtrise en sexologie.

Bad Bunny «est une forme d'antithèse culturelle du pouvoir actuel à Washington»

Le professeur et ethnomusicologue Ons Barnat est passé en entrevue dans cet article écrit par Yann Le Ny, publié le 10 janvier 2026 sur le site https://www.rfi.fr/

Lire l’article sur RFI

En chantant fièrement en espagnol et en revendiquant ses racines, Bad Bunny défie les codes d’une industrie musicale longtemps dominée par l’anglais. À l’heure où la communauté latino-américaine est attaquée par l'administration Trump, l'artiste le plus streamé au monde en 2025 transforme la scène pop en tribune de résistance culturelle. Entretien avec Ons Barnat, ethnomusicologue et professeur à l'université du Québec à Montréal.

RFI : Bad Bunny est le premier artiste chantant seulement en espagnol à remporter le Grammy du meilleur album de l’année. Dimanche, il fait le célèbre concert de la mi-temps du Super Bowl. Peut-on considérer qu’il incarne une figure de résilience, voire de résistance pour la communauté latino-américaine ?

Ons Barnat : Tout à fait, c'est vraiment une forme de résistance en étant authentique et fidèle à son identité et sa culture portoricaine. Il devient le nouveau symbole dans cette Amérique changeante. Il ne se force pas à parler un anglais avec un accent qui serait bien vu par les populations les plus conservatrices. Il a fait plusieurs discours aux Grammy Awards et l’un d’entre eux était en espagnol. Le fait de l'assumer autant, c'est comme si ça justifiait le fait que c'est une langue qui est devenue incontournable aux États-Unis. Il y a vraiment une posture politique dans sa façon de parler, dans sa façon de se présenter.

Avec autant de tensions politiques, il se retrouve à incarner un peu tout ce que l'administration actuelle combat. Il est vraiment une forme d'antithèse culturelle du pouvoir actuel à Washington en ce moment. Et puis, il se présente comme un peu un défenseur de toutes ces personnes qui vivent justement ces moments de tensions vraiment intenses depuis la 2e administration Trump.

Ce qu'il a fait aux Grammy Awards, c’étaient des discours très concis mais très puissants qui permettent vraiment de comprendre qu'il se positionne de manière très ferme contre les politiques antimigratoiresactuelles de l'administration Trump, sans jamais les dénoncer ouvertement, à part en disant « ICE out » (Dehors l'ICE, en français). Il n'est pas en train de rentrer dans un prosélytisme. Il avait un discours presque universaliste en disant : "Ce qu'on a contre nous, c'est de la haine, la seule façon de combattre ça, c'est par l'amour ". Il veut dépasser les clivages politiques de manière très posée.

Est-ce que son prix et ses prises de parole peuvent contribuer à renforcer un sentiment d'appartenance ou de fierté chez les Latino-Américains aux États-Unis ?

Le Grammy du meilleur album de l'année avec un album entièrement en espagnol, ça représente un gros changement. Et la plupart de ses discours étaient directement dirigés vers la communauté latino-américaine qui était discriminée et marginalisée. Il y a des changements culturels qui sont en chemin depuis déjà longtemps aux États-Unis, et là Bad Bunny devient tellement mainstream qu’on se rend compte qu’on ne peut plus juste parler de marge. La marge devient le centre et se retrouve même haut placée dans l'hégémonie musicale mondiale de la musique pop.

Là, c'est la première fois qu'on voit un artiste latino autant s'assumer sans aucune gêne par rapport à tout ce qui s'était fait avant. Quand il avait participé au Super Bowl avec Shakira [en 2020], il fallait quand même chanter essentiellement en anglais.

Les générations précédentes d'artistes latinos étaient-elles poussées à effacer leur identité et à chanter en anglais ?

Effectivement, c'est ce qui était vraiment compris par l'industrie de la musique en Amérique du Nord : pour percer, il fallait absolument que ce soit en anglais parce qu'on voyait toujours le modèle nord-américain comme essentiellement anglophone.

Maintenant, les Latino-Américains composent plus de 20 % de la population états-unienne. Donc ça veut dire qu'on a vraiment connu un changement démographique qui se retrouve dans la culture qui, finalement, vient influencer le politique. Et avec ce qui s'est passé aux Grammy Awards, c'est un peu comme si c'était la validation par l'industrie mainstream de la musique de ces changements démographiques et culturels qui sont en train de se faire.

Donc c'est ce qui est intéressant quand on voit ce genre d'évolution musicale. Elle nous montre le lien entre le social et le musical. Ce genre de prise de position, ça nous permet d'analyser vraiment de manière beaucoup plus profonde ce qui se passe à l'intérieur des États-Unis. Cela va à l’encontre du discours politique de l'administration actuelle qui est en train de diaboliser toute cette population latino-américaine qui devient tranquillement dominante aux États-Unis.

Bad Bunny avait décidé de ne pas jouer sur le sol états-unien ces derniers temps à cause de la crainte d’interventions de la police de l'immigration (ICE) en marge de ces concerts. Donald Trump a affirmé vouloir envoyer l'ICE après le Super Bowl. Comment Bad Bunny envisage-t-il la protection de son public face à ces menaces ?

Ce qui est sûr, c'est que ça risque d'être explosif. L'aspect sécuritaire au Super Bowl n'aura jamais été aussi important que cette année. Ses opposants l'attendent au tournant. Il y a une contre-mi-temps de la Super Bowl organisée par les partisans de Trump, qui va être bien sûr beaucoup moins importante avec Kid Rock et des artistes plus orientés politiquement avec l'administration actuelle. C'est sûr qu'avec les manifestations à Minneapolis, il peut y avoir des débordements, mais ça dépasse ce que Bad Bunny peut faire sur scène. Vu les discours qu'il a faits aux Grammy Awards, on sent vraiment que pour lui, sa priorité est de s'assurer que tout le monde soit en sécurité et qu’il ne faut pas avoir peur.

Crédit photo : Le chanteur puertoricain Bad Bunny lors de la 68e cérémonie des Grammy Awards, le 1er février 2026 à Los Angeles.  Getty Images via AFP - MATT WINKELMEYER

11 nouveaux épisodes pour le balado Orchestrer son avenir

Ce balado présente des entrevues inspirantes avec des personnes diplômées du baccalauréat en musique concentrations pratique artistique (populaire et classique) et enseignement de la musique et du DESS en musique de film de l’UQAM. Initiées par le Département de musique de l’UQAM, ces rencontres vous permettent de découvrir les parcours professionnels et universitaires de personnes passionnées et engagées qui ont choisi la musique comme carrière.

Écoutez le balado en format audio : https://balados.uqam.ca/emissions/orchestrer-son-avenir/

Découvrir le balado en formation vidéo : https://tv.uqam.ca/series/orchestrer-son-avenir/

Entrevue avec la professeure Gina Ryan sur Pete's Percussion Podcast

Le 22 janvier 2026

Percussionist, Composer, and Professor of Music at the University of Quebec at Montreal Gina Ryan stops by to talk about her teaching activities in Montreal (04:30), working with Sixtrum Percussion Ensemble and Triolet Percussion Group, and her percussion freelancing and composing activities (14:45), growing up in Newfoundland, Canada, creating the “Gina Ryan Summer Percussion Camp”, her connections to members of NEXUS and Michael Colgrass, her other high school activities, and traveling to France (31:40), her college years in Newfoundland and Toronto, doing a residency at Banff, and working for the train company (51:25), moving to Montreal, her graduate school time at McGill (Canada), and returning to Newfoundland to get a second bachelor’s degree (01:07:15), living and teaching in Thailand for a decade (01:22:50), and settles in for the Random Ass Questions, including segments on great food, good and bad movies, great books, Karaoke, and inspiring art (01:40:15).
Finishing with a Rave on the 2025 film Hamnet (02:07:50).

Écouter l’entrevue:

https://www.petezambito.com/petes-percussion-podcast-the-episodes/2026/1/22/petes-percussion-podcast-episode-479-gina-ryan

https://podcasts.apple.com/us/podcast/petes-percussion-podcast-pete-zambito/id1133586337?i=1000746199301

Au Département de musique de l’UQAM, près de 300 étudiantes et étudiants aux 3 cycles orchestrent leur avenir par l’acquisition des meilleures notions qui soient, prodiguées avec grande expertise par un corps professoral dévoué et connecté au milieu. Au programme : musique populaire et classique, enseignement, études et pratiques des arts, musique de film.

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