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Article rédigé par Jean-François Ducharme, Actualités UQAM, 12 novembre 2019 à 11h25

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Photo: Émilie Tournevache

L’expert en musicologie Claude Dauphin, qui a enseigné pendant toute sa carrière au Département de musique de l’UQAM, sera nommé professeur émérite le 19 novembre prochain. L’intronisation se déroulera dans le cadre de la conférence «Musique classique d’Haïti et transgression de l’imaginaire esclavagiste», que prononcera le musicologue à la salle Jacques-Hétu (F-3080) du pavillon de Musique.

Né dans les Gonaïves, en Haïti, Claude Dauphin (B.Sp. enseignement de la musique, 1977) a amorcé ses études au Québec à l’École normale de musique de Westmount, intégrée à l’UQAM en 1976. Après avoir complété un baccalauréat à l’UQAM, une maîtrise à l’Université de Montréal et un doctorat à l’Université de Budapest, en Hongrie, il est embauché au Département de musique en 1988. «Je n’oublierai jamais mes débuts enthousiasmants au Palais du commerce – le site abritant le département à l’époque et qui est aujourd’hui occupé par la Grande Bibliothèque –, le déménagement au pavillon de Musique en 1992, et tous ces merveilleux moments depuis, mentionne le professeur. Les 30 dernières années furent les plus belles de ma vie.»

En plus de ses fonctions professorales, Claude Dauphin a été directeur du Département de musique de 1997 à 1999, directeur du baccalauréat de musique de 1998 à 2001 et vice-doyen aux études de 1999 à 2002.

Depuis sa retraite en 2011, il continue de s’impliquer au sein du département à titre de professeur associé. «Je compte bien y rester aussi longtemps que j’aurai des choses à dire et que je ne serai pas gâteux», affirme le septuagénaire en riant.

Former la relève
Spécialiste en pédagogie musicale et en musicologie, Claude Dauphin a formé des générations d’étudiants qui enseignent aujourd’hui la musique en milieu scolaire. Il a également dirigé – et dirige encore aujourd’hui – les mémoires et les thèses de nombreux étudiants à la maîtrise en éducation et au doctorat en études et pratiques des arts. Plusieurs de ses anciens étudiants – dont Audrey-Kristel Barbeau (B.A. musique, 2008), Vincent Bouchard-Valentine (Ph.D. éducation, 2007), Thierry Champs (B.A. musique, 2009) et Danick Trottier (B.A. musique, 2001) – sont aujourd’hui professeurs au Département de musique.

Quelques-uns de ses étudiants ont aussi collaboré à la rédaction de l’un de ses 11 ouvrages, dont La musique au temps des encyclopédistes (CIEDS, 2001), qui a remporté le Prix du livre de l’année du Conseil québécois de la musique, et Le Dictionnaire de musique de Jean-Jacques Rousseau : une édition critique (Peter Lang, 2008). «Pour la rédaction de ce premier grand dictionnaire de terminologie technique en langue française, je suis parti en France avec mes étudiants afin qu’ils voient les archives et qu’ils prononcent leurs premières conférences, dit-il. Il n’y a rien de plus formidable que d’initier ses étudiants à ces réalités.»

Les recherches de Claude Dauphin ont contribué à l’avancement des connaissances dans plusieurs domaines, dont la musicologie du 18e siècle, l’ethnomusicologie antillaise, les processus de transmission du savoir musical et la place de l’expression symbolique et de la sensibilité esthétique en éducation.

Musique et esclavage
Le musicologue a appris qu’il recevrait le titre de professeur émérite en juin dernier, alors qu’il se trouvait à Paris pour prononcer une conférence au prestigieux Collège de France. «J’ai eu le privilège de pouvoir afficher mon titre de professeur émérite sur la première image de ma présentation, raconte-t-il. J’étais très fier, non seulement pour moi, mais pour l’institution que je représente et que j’aime.»

À son retour au Québec, la directrice du Département de musique, Isabelle Héroux, lui a proposé de donner une conférence inédite pour souligner son accession au titre de professeur émérite. Le thème choisi – musique et esclavage en Haïti – s’adresse à un large public. «Je souhaite faire connaître des œuvres de grands compositeurs qui, déjà à l’époque, partageaient des images positives avec un peuple ayant subi un grave traumatisme, dit Claude Dauphin. Ces œuvres exprimaient aux Haïtiens que, malgré leur état d’esclaves, ils étaient de nobles humains avec de nobles sentiments.»

La conférence, qui se tiendra le 19 novembre, à 18 h, à la salle Jacques-Hétu (F-3080) du pavillon de Musique, débutera par l’écoute et l’analyse de Chanson nègre, composée au 18e siècle par Jean-Jacques Rousseau, qui met en musique le premier poème écrit en langue créole par Duvivier de la Mahautière dans les années 1750. Suivront Dialogue créole, première scène d’amour dans le style opératique en langue créole composée par Descoutilz au début du 19e siècle; Ode à l’abolition de l’esclavage d’Edmond Saintonge, l’un des compositeurs les plus prolifiques de l’histoire d’Haïti; et L’homme libre de Werner Jaegerhuber, né d’un père allemand et d’une mère haïtienne, surnommé le «Wagner antillais».

La soprano Chantal Lavigne et le pianiste David Bontemps interpréteront quelques pièces musicales haïtiennes avant la conférence. Le professeur Danick Trottier agira comme maître de cérémonie. Pour tous les détails, on peut consulter la page de l’événement.

 

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