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Corinne Cardinal, entre Valfreya et les bancs de l’UQAM

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Fon­da­trice et front­wo­man du groupe métal Valfreya, choriste, chan­teuse clas­sique, gra­phiste, pro­fes­seure de chant et étu­diante à l’Uni­ver­sité du Québec à Montréal, Corinne Cardinal a un parcours des plus inté­res­sants. À travers ses nombreux et très diver­si­fiés projets, elle démontre une grande poly­va­lence au plan vocal, des qualités d’in­ter­prète hors-pair, ainsi qu’un sens artis­tique aiguisé.

L’Ar­ti­chaut a eu la très grande chance de s’en­tre­te­nir avec elle. Voici l’en­tre­vue qu’a réalisé le chef du pupitre musique, Domi­nique Fré­chette avec Corinne Cardinal dans le but d’en décou­vrir plus sur le parcours de cette artiste et étu­diante uqa­mienne.

Corinne Cardinal (crédit pho­to­gra­phie : Domi­nique Fré­chette)

Domi­nique Fré­chette: Si, pour plu­sieurs de tes col­lègues de l’UQAM, tu es Corinne Cardinal, tu as fondée seule le groupe folk/black métal Valfreya en 2009. Tu as composé presqu’à toi seule le premier opus de ton groupe et tu as su t’en­tou­rer d’ex­cel­lents musi­ciens pour fina­le­ment l’offrir au public en 2012 sous le titre Path to Eternity. Tu brilles sur cet album par ton excel­lente per­for­mance vocale, mais aussi par ton travail de com­po­si­tion. Bien que tu sois une artiste accom­plie, tu es retour­née à l’uni­ver­sité pour étudier le chant clas­sique. Pourquoi, et surtout comment, crois-tu que l’uni­ver­sité réussie à t’aider à t’amé­lio­rer encore aujour­d’hui? Puis, que crois-tu que tes études t’ap­portent de plus comme artiste et au plan pro­fes­sion­nel?

Corinne Cardinal: Je vois mon parcours en musique comme une for­ma­tion continue : l’uni­ver­sité fait tout sim­ple­ment partie de ce che­mi­ne­ment. Je suis actuel­le­ment finis­sante au bac­ca­lau­réat en musique (pratique artis­tique). Depuis le début de mes études uni­ver­si­taires, j’ai énor­mé­ment pro­gressé, tant sur le plan artis­tique qu’aca­dé­mique; ces nou­velles com­pé­tences artis­tiques me per­met­tront, de plus, d’être plus efficace et pro­fes­sion­nelle lors de mes contrats ou projets musicaux futurs. Il faut aussi com­prendre que les connais­sances et com­pé­tences acquises lors de ce bac­ca­lau­réat ne consistent pas uni­que­ment à apprendre notre ins­tru­ment : la concen­tra­tion «Pratique artis­tique» du dépar­te­ment de musique de l’UQAM vise la for­ma­tion de musi­ciens capables d’ap­pré­hen­der glo­ba­le­ment leur rôle dans les situa­tions com­plexes générées par le milieu musical et d’as­su­mer leur identité propre dans un rapport créatif et signi­fi­ca­tif à la dis­ci­pline. Je me rends compte que le bac­ca­lau­réat est un minimum lors­qu’on souhaite faire une carrière pro­fes­sion­nelle en musique clas­sique et être en mesure de com­prendre son langage musical propre et ses pro­ces­sus créatifs, de bien l’in­ter­pré­ter ou même de l’en­sei­gner.

DF: Bien que tu aies entre­pris des études depuis la for­ma­tion de Valfreya, tu as continué à tra­vailler avec ton groupe et vous avez sorti votre tout dernier album Promised Land il y a un peu plus d’un an, en janvier 2017. Comment arrives-tu à allier la vie d’étu­diante au bac­ca­lau­réat avec celle du studio et surtout celle de la scène?

CC: Ce n’est pas facile d’allier vie étu­diante au travail et à mes autres projets artis­tiques, comme Valfreya. Je pro­dui­sais des spec­tacles dans la scène Métal mont­réa­laise depuis 2010, mais j’ai dû arrêter d’en produire en sep­tembre 2017 afin de pouvoir davan­tage me concen­trer à mes études. Je me suis rendue compte qu’étu­dier est un travail à temps plein. Pour ce qui est de Valfreya, j’ai éga­le­ment coupé sur le temps qui était dédié aux sessions de com­po­si­tions et à l’or­ga­ni­sa­tion de spec­tacles en cours de sessions: je tente de me rat­tra­per pendant l’été.

(crédit pho­to­gra­phie : Domi­nique Fré­chette)

DF: Ton groupe sera présent au Salon de la passion médié­vale les 4, 5 et 6 mai prochain au Centre Pierre-Char­bon­neau à Montréal pour y jouer des versions acous­tiques de vos pièces et pour y ren­con­trer vos fans. Les thèmes médié­vaux sont bien sûr très présents dans la musique de Valfreya, où la bravoure, l’hon­neur et la gloire des guer­riers côtoient magie, univers fan­tas­tiques et mytho­lo­gies. Quelles sont les œuvres et artistes musicaux, lit­té­raires ou visuels qui t’ins­pirent lorsque tu écris les paroles de tes chansons?

CC: J’aime tout ce qui relève de la fiction : du fan­tas­tique à la science-fic­tion. Pour ce qui est de Valfreya, j’uti­lise la musique pour me faire rêver et faire vivre des aven­tures aux audi­teurs. La notion d’hé­roïsme est en effet très présente dans cette musique : les héros ne se dis­tinguent pas uni­que­ment par des succès extra­or­di­naires, mais aussi par une force de carac­tère, une vertu, une grandeur d’âme peu commune. À travers ces his­toires extra­or­di­naires, les per­son­nages sont amenés à remettre leurs idéaux et valeurs en question, tout comme chacun d’entre nous tout au long de notre vie. Je trouve que la dimen­sion épique rehausse for­te­ment l’in­ten­sité des émotions chez l’au­di­teur; en tout cas, moi, ça vient me chercher! Du coté lit­té­raire, je suis très influen­cée par les contes, les légendes et les his­toires de la mytho­lo­gique nordique. J’ima­gine que plu­sieurs contes de mon enfance ont dû m’in­fluen­cer ainsi que très cer­tai­ne­ment plu­sieurs films, mais je ne pourrais mettre le doigt dessus : Le Roi Lion ? Hahaha !

DF: Au plan sonore, quels sont les groupes, chan­teurs, chan­teuses ou genres musicaux qui t’ins­pirent?

CC: La diver­sité des genres musicaux qui m’ins­pirent est vaste : la musique folk­lo­rique, celtique, clas­sique (de diverses époques et de divers styles), métal et même le rock pro­gres­sif en font partie. En clas­sique, j’aime beaucoup le réper­toire de la période roman­tique et les timbres de voix riches de cer­taines mezzo-sopra­nos tel que Marjana Lipovsek et Chris­tianne Stotijn.

Pour ce qui est de la musique Métal, les premiers groupes qui m’ont influen­cés sont des groupes de Power Metal sym­pho­niques tel que Rhapsody, Dark Moor ou Heavenly. Ensuite mes goûts ont dérivé vers quelque chose de plus agressif comme le Black / Death Metal. Je pense que mon projet Valfreya reflète en quelque sorte un mixte de ces deux sous-genres du Métal. Pour ce qui est de la voix, c’est avec le premier album de Win­ter­sun que j’ai pratiqué mes premiers growls.

(crédit pho­to­gra­phie : Domi­nique Fré­chette)

DF: En plus de ton travail au sein de Valfreya, tu chantes aussi dans un chœur et tu com­plé­te­ras bientôt ton bac­ca­lau­réat en musique durant lequel tu t’es concen­trée sur le chant clas­sique. Tu as donc un intérêt pour la scène au-delà de la musique métal. Pour­rais-tu nous parler plus en détail de ton parcours en tant qu’étu­diante mais aussi en tant qu’in­ter­prète dans le monde du chant clas­sique?

CC: Je chante dans des chœurs depuis que je suis toute petite. J’ai commencé à prendre des cours privés de chant clas­sique à l’ado­les­cence. En 2007, j’ai entre­pris de faire un DEC en musique (chant clas­sique) au Cégep St-Laurent. Paral­lè­le­ment à ces études, j’ai suivi des cours de piano, de violon et de guitare clas­sique, mais mon ins­tru­ment prin­ci­pal est demeuré la voix (ne me demandez pas de jouer du violon : ce ne serait pas fameux). Par la suite, j’ai fait une session à l’Uni­ver­sité de Montréal en com­po­si­tion ins­tru­men­tale. C’est après cette session que j’ai décidé à l’époque d’ar­rê­ter mes études uni­ver­si­taires.

Selon moi, les arts sont indis­pen­sables tant à l’épa­nouis­se­ment de l’in­di­vidu que de la société, mais ce n’est pas toujours évident de croire qu’on peut en faire une carrière. J’ai donc décidé de suivre des cours en gra­phisme dans le but, non pas de faire de la musique mon travail, mais de tra­vailler pour faire de la musique. J’ai continué à prendre des cours de chant et à investir du temps dans mes autres projets musicaux. En 2010, j’ai lancé l’en­tre­prise Xtrem Pro­duc­tions qui a produit plus de 200 spec­tacles en sept ans. Conjoin­te­ment à cela, j’ai géré ma propre entre­prise de gra­phisme et j’ai tra­vaillé en vente à temps partiel.

Cela m’a pris plu­sieurs années pour com­prendre que je suis ce qu’on appelle com­mu­né­ment une « artiste » et j’ai réalisé que j’étais fatiguée de me lever le matin pour faire quelque chose que je n’ap­pré­ciais pas réel­le­ment. Je ne peux pas entrer dans le moule d’un employé salarié qui tra­vaille à temps plein de 9 à 17h, 40 heures par semaine, dans un domaine qui ne me plait pas. J’ai décidé de retour­ner aux études en 2015 et me voici donc finis­sante au bac­ca­lau­réat en musique de l’UQAM.

DF: En dehors de la scène, tu as mis ton talent d’ar­tiste et la puis­sance de ta voix au service d’autres projets, notam­ment dans l’uni­vers des jeux vidéo. Pour­rais-tu nous parler de ton expé­rience et de comment tu en es venue à prêter ta voix à des créa­tures ter­ri­fiantes?

CC: J’ai obtenu des contrats pour faire des voix de monstres dans des jeux vidéo tels que Resident Evil 7 et Rainbow Six : Siege, ainsi que dans des séries télé­vi­sées telle que Helix. C’est une question de contact qui se fait prin­ci­pa­le­ment de bouche-à-oreille. J’ai déve­loppé des tech­niques vocales qui me per­mettent d’uti­li­ser plu­sieurs facettes ori­gi­nales de ma voix. Il faut aussi avoir une bonne ima­gi­na­tion pour bien inter­pré­ter les rôles, aussi mons­trueux soient-ils.

(crédit pho­to­gra­phie : Domi­nique Fré­chette)

DF: Une réelle passion pour la musique se dégage de toi lorsque tu es sur scène, mais aussi lorsque tu parles de musique. Ton intérêt pour la création artis­tique en est un qui combine l’aca­dé­mique avec l’ar­tis­tique et le pro­fes­sion­nel. C’est une question qui peut sembler pré­vi­sible, mais qui revêt toujours une grande per­ti­nence, surtout puisque tu ter­mi­ne­ras bientôt ton bac­ca­lau­réat à l’UQAM : quels sont les projets futurs pour Corinne Cardinal? Où espère-t-elle que l’avenir la mène?

CC: Je souhaite faire une Maîtrise en chant clas­sique afin de conti­nuer à parfaire ma tech­nique vocale, ce qui me per­met­tra d’avoir de plus en plus de contrats pro­fes­sion­nels et aussi de conti­nuer à me faire un nom en chant lyrique afin de fina­le­ment être capable de vivre de mon vrai métier: la musique. Il y a tant de choses que j’ai­me­rais faire en maîtrise, mais il me faudra faire un choix: la musi­co­lo­gie, la direc­tion orches­trale et la com­po­si­tion ins­tru­men­tale sont aussi des domaines qui m’in­té­ressent. Peut-être irais-je un jour étudier dans un de ces domaines? D’ici là, je compte m’im­pli­quer dans le plus de projets musicaux qui me per­met­tront de m’épa­nouir.

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Nous voulons remer­cier Corinne Cardinal d’avoir par­ti­cipé à cette entrevue et à la séance de pho­to­gra­phie que nous avons réalisé pour accom­pa­gner ce texte.

Corinne Cardinal pré­sen­tera son concert de fin de bac­ca­lau­réat le 15 avril prochain à 16h à la salle O Patro Vys de Montréal où elle chantera des œuvres de com­po­si­teurs tels Dvořák, Tchaï­kovski, Rach­ma­ni­nov et Stra­vinsky. Valfreya sera en spec­tacle aux Fou­founes Élec­triques le 30 mars prochain en tant que soutien direct du groupe Ex Deo. Pour de plus amples infor­ma­tions sur le travail de Corinne et sur ses divers projets musicaux et artis­tiques, vous pouvez la suivre sur sa page Facebook ou visiter son site web pro­fes­sion­nel.

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Domi­nique Fré­chette Chef de pupitre musique, diplômé à la maîtrise et au bac­ca­lau­réat en science poli­tique à l'Uni­ver­sité du Québec à Montréal.
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